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 ::  :: Les sous-sols

Doppelganger

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Iccs Vergan
» Gloomy Adroit

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» Race : Vampire
» Profession : Prof de français. Ou Emmerdeur et j'suis payé pour ça.
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MessageSujet: Doppelganger Sam 14 Jan - 4:10

Par tous les diables.

Qu’ais je fait ? Qu’ais je fait pour mériter ça?
Nerveusement, je me retournais et je laissais à mes yeux bleus le soin de parcourir l’obscurité qui me cernait. Je baissais alors la tête et j’avançai sans grands buts, errant dans les sous sols où se devinaient encore d’anciens cachots. Bien que je sois un vampire, j’avais toujours gardé quelques craintes viscérales au sujet des ombres. J’avais peur de disparaître en leur sein. De ne plus retrouver mon chemin. De rester là, des années et des années, à ne plus même trouver de murs à toucher, à me diriger à l’aveuglette, guidé seulement par le son de ma respiration. C’étaient des peurs stupides, des peurs de gamin, je l’ai toujours su, mais qu’y puis je? Je me mordis la lèvre.

Ce serait bien le dernier lieu où il viendrait me chercher. Il savait que je paniquais souvent dans ces lieux sombres, où j’étais persuadé que des fantômes erraient. Les âmes perdues m’avaient toujours terrorisé..Dans notre immense demeure, j’avais même peur du fantôme de ma mère, bien que je me doute qu’il n’ait jamais été autre que bienveillant à notre égard. Notre? Oh oui. Notre. Le mien et celui de.. Raven. Quoi que maintenant, c’était Raven qui possédait le manoir tout entier et le territoire qui le cernait. Je n’avais rien eu, pour ma part. Rien. Sauf cette petite amulette d’or qui reposait au fond de ma poche. J’y glissais d’ailleurs mes mains et j’en caressais délicatement les chaînons glacés pour m’apaiser. Chose qui réussit un tant soit peu car je retrouvai le sourire en fermant à demi mes yeux bleus.

Qui aurait crû qu’il arrive à me retrouver en ces murs? Je pensais y être en sécurité. Nar me l’avait même assuré ! Mais non. Il était là. Je l’avais senti approcher comme un animal traqué perçoit l’arrivée des chasseurs. Cela allait faire plus de cinquante ans que je ne lui avais pas même adressé la parole, que mes yeux ne s’étaient pas même posés sur lui. J’avais fui. Oui, je m’étais lâchement enfui de notre demeure et je n’y étais plus jamais retourné depuis le décès de notre père. Car je savais que Raven n’y était pas totalement innocent… Je pense que c’Est-ce jour là que j’ai réalisé que mon frère n’avait pas de cœur.
Pourquoi? Pourquoi avoir tué notre père? Pourquoi craché sur la mémoire de notre mère? Et j’avais commencé à avoir peur de lui. Sérieusement. Le soir, je l’entendais rentrer. Tirant parfois une humaine avec lui. Une humaine que j’entendais hurler de douleur jusqu’à qu’il ait pitié et l’exécute. Pour me laisser alors sa tête sur la table, le matin quand je me levais. Combien de fois j’ai pu ouvrir au hasard une porte du manoir et tomber sur sa réserve de nourriture, un tas grouillant humain, attaché ou non, gémissant de peur, m’implorant de les laisser partir? À cette pensée, je me mis à trembler, portant mes mains à mes oreilles pour ne plus entendre les fantômes des victimes de mon frère.

Ça m’avait empêché de dormir. Raven était devenu de plus en plus violent, de plus en plus insensible. Jusqu’au jour où, ivre de sang, il m’avait frappé. Frappé, frappé, allant même pour me tuer. Pour y réchapper, j’ai dû lui implorer pitié. J’ai dû m’humilier. Me mettre à genoux et agir comme une de ces pauvres femmes de plaisir qui vendent leurs talents en échange d’argent. Je dus offrir les miens pour supplier à ce que mon frère me laisse vivre, survivre. Le lendemain, j’ai aussitôt fugué. Je suis parti loin, loin… J’ai traversé toute notre contrée, pour aller me réfugier quelque temps au Château de mon Seigneur. Et quand Raven s’est douté de ma présence en ces lieux, j’ai de nouveau pris la poudre d’escampette.. Et cela jusqu’à aujourd’hui.

Mais je ne pouvais plus fuir à présent. Plus maintenant. Cependant, je n’avais pas non plus la force de l’affronter, je le savais amplement.. Alors que faire? Que faire? Pour l’instant, je n’avais trouvé meilleure solution que celle de me dissimuler, d’effacer ma présence pour qu’il ne la remarque pas, pour qu’il ne soit pas un instant alerté et soupçonneux à mon égard. Je savais me montrer discret, et oui! Mais lui.. Était de toute façon d’un niveau bien trop supérieur à moi pour que je puisse même espérer le berner longtemps. Hier soir, je l’ai même entendu rôder devant la porte de mon appartement. J’ai même crû percevoir ses pas dans ma chambre. Sentir son souffle glacé sur ma gorge. Ses mains griffues se glisser sur mon torse et s’apprêter à me le transpercer pour aller chercher ce cœur, ce cœur que j’ai gardé, ce cœur qui bat encore en moi, résonne en ma cage thoracique comme un hymne à la vie, ce cœur qu’il a longtemps maudis. Ce cœur qui nous sépare, lui et moi. J’avais fini par aller demander refuge à Nar et dormir dans ses bras.

J’avais eu peur. Vraiment peur.

Et plus j’y pensais, plus je commençais à croire qu’il avait en effet été là, hier, qu’il avait été près de moi..
Enfin, il n’était pas prêt de trouver l’amulette! Je la gardais toujours soigneusement dissimulée, et tant que je suis en vie, il ne peut pas même penser à la posséder. J’aimais ce bijou mais, à la fois, si il n’y avait pas accordé tant d’importance, je le lui aurai volontairement donné. Je ne suis pas attaché au matériel, moins j’ai de trucs à porter, mieux c’est! Cependant, je ne vais pas nier que j’étais assez heureux d’avoir le dernier bijou que ma mère ait pu porter avant sa mort. J’ai toujours aimé passionnément notre mère. Je ne l’ai jamais oubliée et je l’ai toujours respectée. Pourquoi Raven tenait tant à avoir ce satané médaillon alors qu’il n’arrivait même pas à retenir le nom de celle qui nous a donné vie? Je ne comprenais pas, mais alors, pas du tout…

Qu’allait il faire, de toute façon? Ici, il était comme tous les vampires. Il n’avait plus aucun pouvoir, enfin, hiérarchique, car il était loin de ses terres et il n’avait plus un domaine qui lui servait de trône. Il ne pouvait plus se comporter avec les humains comme à sa guise, hein? Enfin, il doit bien enfermer de temps en temps une humaine dans son appartement mais je.. Je n’irais pas le vérifier. Il ne pourrait pas me tuer, pas en ces murs. Je souris à cette pensée, un peu rassuré.
Mais qu’Est-ce qui l’empêchait de faire pire?
Je cillai quand cette idée me frappa comme un coup de fouet, lacérant mon cœur et tuant net ma sérénité. Mon cœur s’emballa et je me mordis la lèvre en écarquillant quelque peu les yeux. Je les fermais alors et je me forçais à respirer calmement.

_ Salut, Raven. Ça fait un bail.
J’avais prononcé ces mots sans me retourner. On raconte que les jumeaux ont toujours eu l’esprit lié. Ça expliquerait qu’il ait su trouver son chemin dans ce labyrinthe sombre et me dénicher…
Je sentais ses yeux bleus fixés sur moi et je pus entendre la caresse de son vêtement sur le sol, comparable au sifflement d’un serpent rampant vers moi.
J’avais peur.
Peur de mon propre frère.
Peur de mon semblable opposé.

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Raven Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Sam 28 Jan - 23:32

    Iccs. Celui qui était censé être le même que moi alors que nous étions si différents. Mon jumeau ? Juste une ordure, un déchet, un être raté qui ne mériterait pas même d’exister. Iccs. Ce soi-disant vampire que je ne pouvais plus supporter, et que je ne supporterai plus jamais. Cet insupportable idiot dénué de toute intelligence, celui que l’on appelait mon semblable avec qui je partageais le même visage, le même physique, mes yeux bleus glacés, ma chevelure argentée… Tout. Tout sauf ce cœur qui s’était arrêté de battre de mon côté, qui avait prit la bonne voie, qui me séparait de ce monde des humains que je haïssais tant. Le sien battait encore, vigoureusement… Si seulement je pouvais… Si seulement je… lui arracher. Non. Gardons donc notre sang froid. Mon cher jumeau ne mérite pas que je m’énerve tant pour lui. Calme-toi, Raven. Calme-toi… Passons. L’on dit que les jumeaux s’aiment quoiqu’il se passe. Qu’ils sont connectés quoi qu’ils fassent, qu’ils sont prêts à tout l’un pour l’autre. Certains disent même que si l’un venait à mourir, l’autre le ressentirait. C’était certainement vrai, en partie. Sauf que cela ne s’appliquait plus à Iccs et moi. Je n’étais pas prêt à faire quelque chose pour lui. Je ne ressentais rien à son égard si ce n’est que de la haine, du mépris. S’il venait à mourir, j’en serais plutôt heureux car je pourrais plus facilement mettre la main sur ce fichu médaillon que je cherchais tant à avoir. Alors tout cela ne s’appliquait pas à nous, oh non. Peut-être lui pensait-il que je l’aimais encore ? Peut-être lui m’aimait-il encore ? Ahah, non, bien sûr que non. Il avait compris depuis bien longtemps… que je n’avais plus rien en moi qui me raccrochait à cette ancienne complicité.


    Cependant, je continuais à le suivre, à le traquer, petite proie inoffensive, cherchant à obtenir ce que je souhaitais tant avoir. Je le regardais depuis la salle des professeurs, errais devant sa chambre la nuit, arrivais même à entrer dans son appartement pour y laisser mon odeur et le perturber quelque peu. C’était un jeu ma foi plaisant et terriblement amusant, surtout quand je le voyais, terrorisé, en train de marcher dans les couloirs, jetant son regard une fois à gauche puis à droit en se demandant si je suis tout près de lui, si je vais l’attaquer et planter mes crocs dans sa chair ou tout simplement passer à côté de lui en riant. Je l’effraie, je le sais, je le sens et ressens. Et c’est tout ce que je veux faire, jusqu’à ce qu’il craque et pleure, tombe à genoux devant moi et me supplie, encore une fois, de l’épargner, de lui laisser la vie sauve… Et je me contenterais de prendre son sang et le laisser gésir au sol en pleurs. Tout cela me manquait, avec le temps. Tellement de temps, tellement de jours, d’années. Et voilà que j’avais trouvé l’endroit idéal pour le coincer et m’amuser un peu. Il pensait réellement m’éviter ? Il était lui-même allé dans l’endroit où je voulais le voir se rendre depuis quelques temps. Les sous-sols. Quel idiot, il pensait vraiment pouvoir m’éviter dans mon élément, dans les ténèbres qui envahissaient les lieux ? Comme s’il allait m’échapper. Pauvre fou, pauvre imbécile. Quand grandiras-tu…


    Il était là. Il s’était arrêté de marcher mais ne prenait pas la peine de se retourner. Stupide créature. J’eus un demi-sourire, gardant mes yeux glacés posés sur son corps. Toujours le même. Ses mots me firent avoir un petit rire alors que je fis quelques pas pour me rapprocher, lentement, laissant mon manteau frôler le sol. « Cinquante-deux années et sept mois précisément, cher frère. ». Encore quelques pas et je restais derrière lui, posant finalement une main sur son épaule dans un sourire. « Cela me fait plaisir de te revoir. Je suis certain que tu as de nombreuses choses à partager à ton frère tant aimé.». J'eus l'envie de planter mes ongles dans sa peau, faire couler le sang. Oh oui, j'en mourrais d'envie. Mais je me retins, riant légèrement, un rire plein de haine et de moquerie, un rire que je ne dévoilais qu'à lui, mon semblable. Iccs.
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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Lun 30 Jan - 13:34

Piégé.

J'étais piégé. Mon cœur s'était accéléré alors que je m'étais immobilisé. J'entendais sans aucun mal le frôlement de sa cape longeant le marbre, comparable aux murmures qu’ont ses doigts quand ils courraient sur ma peau ou dans mes cheveux. Comparables à ces soupirs et ces douces paroles empoisonnées que ses lèvres caressaient à mes oreilles. J’hésitai, je ne savais pas quelle attitude je me devais d’adopter…Puis je me retournais à demi alors, ses yeux bleus, glacés, s’unissant aux miens et qu’un sourire sans joie étirait ses lèvres pâles. Je sentis mon souffle se figer, capturé par ses prunelles acérées, ce regard pourtant clair mais qui me paraissait si obscur.. Si obscur que j'étais incapable d'y discerner ne serait ce qu'une once de chaleur, comme une lueur qui aurait pu m'être rassurante et réconfortante. Un petit rire lui échappa. Sa voix grave et sonore déchirant lentement le silence, semblable à ses crocs que j'ai vu tant de fois à l'oeuvre. Ces crocs qui déchiquetaient des peaux blafardes, des peaux frémissantes et tremblantes, faisant couler le sang à flot, faisant gicler la vie comme si elle eut été un vulgaire pot de gouache que l'on peut gaspiller... Oh oui, Raven était un vampire, un vrai, Raven était un sanguin, Raven était un gourmet... Raven était surtout un prédateur sans aucune pitié. Il se plaisait à me raconter ses exploits quand nous étions seuls dans notre chambre. Il se plaisait à me décrire la moindre de ses expériences... Car il n'avait pas attendu le soir de notre majorité pour commencer à se nourrir. Cela n'était seulement point officiel, mais il n'avait pas été à sa première humaine, ce soir là.

Je vous vois rire, si je vous annonçais que ses premières victimes ont été les chatons que j'ai eu le malheur de recueillir par le passé. Pourtant, j'ai été traumatisé. Je revoyais sans mal les petites boules de fourrure prisonnières de ses mains blanches. J'entendais encore leurs couinements et miaulements alors que les chatons de gouttières se tortillaient faiblement. Jusqu'à que Raven leur rompe la colonne vertébrale. Qu'il plante ses petites canines, déchiquète leur chair avec plus ou moins de sauvagerie. Le sang qui giclait, les miaulements d'agonie me transperçant le coeur alors que mon propre frère baignait son visage dans le liquide carmin...Je finissais toujours par pleurer, je le forçai à écarter ces cadavres de son visage et je m'empressais de le prendre dans mes bras, autant pour me réconforter que le rassurer et le calmer. Oui, à l'époque, je pouvais encore l'arrêter... Mais plus à présent. Je n'étais plus même capable de lui arracher un vrai sourire ou un rire. Plus même capable de lui inspirer un minimum de douceur et de tendresse. En grandissant, son coeur s'était définitivement figé. Il ne restait en lui que ses bas instincts de vampire. Blesser, tuer. La douleur des autres donnait l'illusion de vivre, de ressentir. L'adrénaline dans le sang des victimes apportait ce mirage que notre chair s'animait, que notre coeur se remettait à battre avec une réelle vigueur. On se sentait alors forts, puissants, invincibles... Une sensation grisante dans laquelle les vampires aimaient s'oublier, peut être car il s'agissait de la seule et unique impression qu'ils pouvaient encore sentir. Et mon frère se trouvait être l'un d'eux.

J'avais choisi une autre voix. Celle de l'humanité.

Celle de choisir autre chose que le froid de la mort, le froid de la solitude. Je ne voulais pas me noyer dans le lac glacé qu'entraînait une vie de prédateurs, une vie sans soutien, une vie sans personne autre que soi même ou des monstruosités semblables à nous, contre lesquelles on doit parfois se battre.. Se battre pour la futilité d'avoir un rang hierarchique ou social. Se battre pour souffrir, faire souffrir, se battre pour survivre, se battre en craignant sans cesse d'être trahi. A quoi sert il de vivre, pour eux? Pour tuer. Pour détruire. Ils se croient alors comblés, ils se sentent repus de carnage... Mais jamais ils ne connaîtraient la sérénité d'un foyer, la détente en compagnie d'amis. À toujours vouloir être fort, on s'affaiblit davantage. On ne peut pas passer sa vie à se battre, on a besoin parfois de se réfugier dans les bras d'un être sur qui l'on peut se poser sans crainte d'un coup de couteau. Raven craignait il que je me retourne contre lui? J'avais pensé de nombreuses fois à cette hypothèse. Cela pourrait expliquer son envie, son besoin de toujours me rabaisser, de toujours me mettre à bout jusqu'à que je sois incapable de me redresser pour lui faire de nouveau face. Avait il vraiment peur à ce que je me rebelle? Pourtant, j'étais bien plus faible que lui, lui et moi le savions.

Faible...

Et cela, depuis notre plus tendre enfance. Je pleurais facilement, je m'effrayais d'un rien. Je couvrais mon frère, mon père et Nar de toute ma tendresse et mon affection, ce qui n'était autre que des signes de faiblesse chez les vampires. Je m'attachais à la plus méprisable des bestioles, en venant même à retirer les pièges qui servaient à tuer les rats blottis dans nos caves. Peut être me sentais je comme l'un de ces rongeurs à cet instant. J'aurais aimé que des mains viennent me délivrer, mais il s'agissait seulement d'un rêve, et pas un de ces voeux qui aient une chance de se réaliser un jour. J'étais prisonnier, je m'étais moi même jeté dans la gueule du loup. Je n'aurais pas d'échappatoire et il se déplaçait bien mieux que moi dans l'obscurité... Elle était sa mère, son élément, elle le guidait mieux encore que ses propres sens, elle était sa toile pour capturer ses proies, elle était son vêtement dans lequel il se drapait pour ses sorties... J'en avais peur. Certes, je voyais tout aussi bien dans le noir que lui, certes, mes sens étaient tout autant aiguisés, mais je ne ressentais que l'oppression de cette pénombre. Il ne s'en degageait que des promesses de souffrance et de mort, elle m'écrasait, me broyait sous l'angoisse. Elle me semblait infinie, elle me rappelait l'intérieur d'une tombe ou d'un cercueil... L'obscurité m'était comme un voyage sans retour possible. Un voyage où mon frère s'était depuis longtemps égaré. Et d'où il ne reviendrait surement jamais.

Même si j'y mettais toute ma volonté.

Raven s'y était enfoncé de bon coeur, il ne souhaitait d'ailleurs pas s'en dégager..Il s'y sentait à l'aise, comme un poisson dans l'eau. Après tout, peut être avait il raison? Peut être était ce la voie que j'aurais dû choisir? Mais pourtant, je n'arrivais pas à ne serait ce que suivre un instant ce chemin. J'avais peur. Comme toujours, me direz vous. Mais là, il s'agissait d'une crainte différente, une crainte viscérale qui me prenait aux tripes, si pesante, si angoissante.. qu'il m'était impossible d'aller contre. Je devais avoir une anomalie... Comme cette incapacité à me nourrir de sang. Même si j'en avais l'envie, quelque chose m'en empêchait, une barrière mentale me retenait, me paralysait à l'instant où j'allais pour mordre ma victime.

Et alors ses doigts se refermèrent sur mon épaule. Semblable à une araignée albinos, chacun de ses doigts prit bien me temps de se plier, d'emprisonner ma chair. Un étau qui se resserra, alors que je contractai mes muscles déjà tendus, baissant mes yeux vers sa poigne. Il aurait pu me déboiter l'épaule. Il lui aurait suffis de me faire une clef. Et lui comme moi savions que j'étais en mauvaise position. La dernière fois que j'avais dû boire du sang.. remontait à quelques jours. J'aurais pu tenir plus longtemps, mais, pour un vampire, c'était déjà bien trop longtemps. J'avais d'ailleurs la gorge sèche et nouée, et mon souffle rapide n'aidait pas.. Mes côtes durent se resserrer autour de mes poumons car ma respiration se fit plus hésitante et l'angoisse vint nouer mes entrailles alors que je déglutis péniblement en espérant à ce que ma salive humidifie mes cordes vocales.

_ Ah ouais... je te manquais tant que ça pour que tu en viennes à compter les jours..? Fis je dans un sourire alors que je posais ma main sur la sienne. Dans un geste tendre? Oulà non. Je refermais mes doigts sur son poignet et je dus user de la force pour dégager sa main de mon épaule, même si je ne voulais pas que mon action paraisse violente ou craintive. Je m'apaisai un peu quand sa main fut éloignée de mon corps et je me retournais alors complètement pour lui faire face.
Il n'avait pas changé. Sa tenue était impeccable. Sa veste bleue l'accompagnait toujours, dans le moindre de ses mouvements, aussi futiles soit il. Les serpents d'argent qui ornementaient le tissus richement brodé rappelait nos cheveux d'argent, bien que ceux de Raven soient parfaitement coiffés, seules quelques petites mèches taquines et rebelles retombant le long de son front. Et ses yeux bleus, ces yeux bleus d'où je ne pouvais lire aucune émotion.. Tout du moins, pour l'instant. Il était mon reflet, mon reflet parfait, le vampire que j'aurais du être. Et moi? J'étais notre faiblesse, j'étais celui qui avait dû mourir dans le ventre de notre mère pour permettre à Raven de subsister... Et pourtant, j'avais survécu. Déjà, en tant qu'embryon, je m'étais battu pour vivre, pour l'empêcher de s'opposer à la voie que j'avais choisi. Je vivrais. Je vivrais, qu'il le souhaite ou non.
Je ne le laisserai pas seul..Jamais.

_ Oh, tu sais, je ne fais pas grand chose de ma vie, ah ah, comme d'habitude.., fis je, nerveux, en cherchant une possible échappatoire. Passer de force? Hors de question, il allait pouvoir me chopper. Si je faisais demi tour, j'allais encore me perdre dans ces couloirs... où Raven pourrait tranquillement m'attraper. Je reculais très discrètement vers le mur pour protéger au moins mes arrières.
_ J'ai bossé dans des écoles ici et là... P'is j'ai fini par échouer ici en tant que prof de français.. Et toi, en prof de maths, c'est ça? T'as pas changé, t'aime toujours autant torturer les gosses.., ricanais je alors que je n'en menais pas large. Je savais pourquoi il se trouvait ici.
Je savais pourquoi il voulait me voir.

Pour le médaillon, n'est ce pas..?
Mais jamais je ne lui donnerai. Je ne voyais pas même quel intérêt avait il à me le prendre. Déjà qu'il avait hérité de tout...Il voulait en plus avoir la seule chose que j'avais? Il voulait le bijou de notre mère alors qu'il a toujours craché sur sa mémoire et son existence, au point de la traiter comme simple porteuse, comme une couveuse, comme un vulgaire objet alors qu'elle a donné sa vie pour nous, alors qu'elle a sacrifié son sang pour notre survie? Voilà en grande partie ce pourquoi je souhaite être humain, pourquoi je tiens à protéger les êtres humains...Pour les remercier de tous ces sacrifices qu'ils nous font, plus ou moins volontairement certes.

Dans toutes les espèces, de toute façon, il existe des éléments égoïstes et altruistes. Ceux qui pensent à leur propre intérêt et ceux qui privilégient les autres. Oh, quoi que, puis je vraiment dire que mon frère était égoïste...? Je ne saurais pas dire, en fin de compte.
Pour l'instant, la seule chose qui m'importait était de trouver un moyen de m'échapper sans crever et sans lui laisser le médaillon...Et ça allait demander toute mon attention.
Je souris, toujours ce sourire qui ne quittait jamais vraiment mon visage.
_ Et toi..? C'était tranquille, la vie au domaine? Tu as vu, y'a Nar, j'aurais jamais cru le retrouver ici !
Vite, parler, parler pour l'occuper et pour me laisser réfléchir.. Tout du moins, si il me le permettait. En un demi siècle, j'étais un peu rouillé pour faire face à ses piques, ses moqueries.. Ses coups. M'avait il manqué, en 50 balais..? Oui. Il me manquait même depuis... Bien plus longtemps. Notre complicité me manquait. Je ressentais comme un vide. Un vide que je ne pourrais..Jamais combler. Il était temps que je me fasse une raison...

Malgré tout, j’espérais, un jour, à ce que nous puissions rire de nouveau ensembles...
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Raven Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Mer 15 Fév - 13:29

    Toujours le même. Iccs avait le don de me donner envie de rire uniquement en prononçant quelques mots. Rire, oui. Oh non, pas parce que c’était drôle, loin de là… Tout simplement car il était toujours aussi ridicule, à me parler comme si nous nous apprécions encore. Enfin… Je suppose qu’il cherchait surtout un moyen d’éviter une conversation qui allait le gêner, un moyen de m’échapper, un moyen pour qu’une fois de plus, je ne prenne pas le dessus et je ne me mette pas à lui faire du mal. Je souris alors légèrement à ses phrases, l’écoutant sans rien dire, croisant tranquillement mes bras non sans avoir passé une main dans mes cheveux auparavant. J’étais parfait, je me devais de le rester non ? Bref, passons. Si je comptais les jours ? Oh oui, je comptais ces heures, ces longues journées et nuits qui me séparaient de lui et de ce médaillon, ces interminables soirées sans avoir quelqu’un à torturer mentalement pour mon simple plaisir. Parce que bien sûr, outre mes activités nocturnes de recherches d’humains assez faibles pour faire mon repas, j’adorais passer mon temps à lui raconter tout ce que je pouvais faire, à certaines fois lui montrer même sur un brave cobaye enfermé la façon dont je plantais mes canines pour que le sang vienne encore plus vite. Et je le forçais à regarder, riais devant son visage grimaçant de dégout. Ah, ce cher Iccs… Mon jeu préféré avec lui restait cependant celui où je prétendais certaines fois renier mes origines, revenir vers lui, où il me prenait dans ses bras en pleurant, que le gardais contre moi et faisais avoir à mon cœur un unique et douloureux battement de cœur. Il me regardait et me souriait… Jusqu’à crier que je venais violemment, mais avec tendresse cependant, planter mes canines aiguisées dans son cou... C’était si drôle que je pourrais encore en rire, si je n’avais pas perdu mon sens de l’humour quand j’ai également perdu ma légère pointe d’humanité. Ce jeu là n’avait marché que deux fois, il n’était pas si idiot –quoique…– en quelques mois, mais c’était tellement plaisant…


    Je passais une main dans mes cheveux, le fixant toujours avant d’avoir ce fameux sourire faussement emplit de tendresse, ce sourire qu’Iccs aimerait voir redevenir vrai un jour. « Nar… Tu restes toujours autant accroché à lui, pas vrai ? ».Ce Nar... Je le détestais réellement mais je l’appréciais profondément. Je le respectais car lui, au moins, avait accepté la vérité, le fait d’être un vampire. Mais je ne m’étais pas soumis à lui, loin de là. Je ne m’étais pas montré aussi faible que mon stupide frère, je n’avais pas fait cette erreur. Mais je le respectais, comme je respectais tout vampire sur cette terre. Il restait cependant un ennemi, un être avec qui je voulais me battre, à qui je voulais montrer ma force. Car je n’avais aucun doute là-dessus : c’était moi le plus fort de nous deux. « Tu me déçois, je pensais que tu étais capable de te passer de lui, à ton âge. Quoique, tu es aussi faible qu’un humain… ». Dans un soupir, je passais une main sur son manteau pour le remettre en place. N’avait-il donc aucune classe, pour toujours porter cette horreur rougeâtre, ainsi que ces stupides pantalons déchirés ? Bon sang, il était si différent de moi. J’étais la face parfaite, il était tout ce qu’il y avait de plus détestable pour un vampire. Et dire que je m’en étais voulu de l’avoir forcé à être comme moi. Je ne m’en étais pas voulu longtemps, certes –environ…une semaine– mais quand je le voyais… Je n’avais plus aucune raison de mon vouloir.


    « Tu sais, Iccs… Je t’en ai voulu de m’avoir laissé seul au domaine. Nous nous amusions bien entre frères, pourtant. Le sorties nocturnes pour se nourrir, les sympathiques dîners… ». Et je me mis à rire, rire quelque peu… malfaisant, méphistophélique même devrais-je dire. « J’ai pensé à me venger, te faire comprendre que tu n’aurais pas du me laisser... On n’abandonne pas sa famille ainsi, après tout. ». Un sourire loin d’être agréable fit son apparition sur mon visage ne marquant aucun défaut. « Et puis je me suis finalement dit que j’allais te retrouver pour rattraper tout ce temps perdu. Quelques journées entre frères ne nous feront pas de mal, n’est-ce pas ? ». Comme je l’avais fait quelques minutes auparavant, je mis ma main sur son épaule, la serrant un peu plus cette fois-ci. Il était si faible… Il aurait suffit que j’appuie un peu plus et je pouvais lui faire mal, je le sentais, ressentais même. Il n’avait certainement pas prit de sang depuis longtemps, pour prouver qu’il n’était pas comme moi sans doute. Dans un soupir, je vins remettre une de ses mèches de cheveux en place, un geste qui pourrait être emplit de tendresse, de chaleur et d’amour… Si j’étais humain.

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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Dim 26 Fév - 5:48

Je reconnaissais dans ses prunelles quelques étincelles connues, trop d'ailleurs... Il ne me disait encore rien pour l'instant, mais je lisais sans aucune difficulté les répliques acerbes, les moqueries renfermées au creux de ses pupilles, ces deux véritables puits qui renfermaient ses pensées les plus obscurs, ses désirs qui m'inquiétaient le plus. Je baissais alors les yeux, dans un geste de soumission involontaire, alors qu'il croisait les bras. Cause toujours, cause toujours, me criait son attitude.

Reste à ta place.

Cette simple attitude me rappelait tant de souvenirs... Comme ces fois où il m'enfermait, me ligotait sur une chaise. Pour torturer devant mes yeux une pauvre fille ou un malheureux mec croisés au village. Pour me repeindre de leur sang, pour s'en emplir la bouche et me forcer à le boire, ce sang encore chaud, ce sang soi disant plus savoureux quand il était empli de souffrances.. Il m'était même arrivé parfois de vomir. Régurgiter tout ce sang qui aurait dû me sauver, ce liquide chauffé par une flamme malsaine, celle de l'agonie, ce poison acide qui agressait mon cœur et mes tripes. Raven me fixait alors comme si j'eus été le dernier des fous ou comme si une maladie vicieuse me détraquait tout entier. Tu parles, cette maladie, cette folie, ce n'était autre que la sensibilité, une putain de sensibilité qui me rendait si différent d'eux, les autres vampires. Le sang m'effrayait, en plus de ça... Il n'y avait pas de réelles raisons, tout du moins, aucune ne me venait à l'esprit si ce n'est le meurtre de mes chatons et leur incapacité à ressusciter. Comment le sang peut il symboliser à la fois la vie et la mort ? Les femmes perdent du sang pour donner la vie. Et nous prenons la vie en volant ce même liquide. Quelle ironie du sort...

C'était comme.. toutes ces fois où Raven pouvait m'apporter.. grâce ou châtiment. Pardon ou punition. Ses yeux bleus me fixaient, me poignardaient, toujours de la même façon. Un mélange de tendresse et de haine viscérales. Une affection destructrice, une nuisance créatrice de milles et une envie, un chaos qui alimentait une imagination toute tournée vers la torture, la moquerie, la domination. La souffrance. Et moi, grand crétin, frère aimant, je tombais toujours dans le panneau.
Quand ses yeux bleus, ces fragments de ciel, s'assombrissaient de malheurs. Quand ses pupilles me reflétaient, capturaient mon reflet, cherchaient éperdument leurs semblables. Quand ses lèvres s'ouvraient, non pas pour déchirer, pour saigner, mais pour...murmurer mon nom. L'esquisser, en caresser chacune des syllabes, le moindre petit son. Quand ses mains venaient chercher mon corps, l'emprisonnaient contre le sien. Ses doigts tremblants, glacés, cherchant à se réfugier près de mon cœur, cherchant ses battements, cherchant sa vie, sa chaleur, cherchant.. Son amour ? Était ce vraiment l'amour que cherchait Raven ? Bien sûr que non. Mais moi...j'espérais. Alors je lui rendais mon étreinte. Je frémissais de plaisir à l'idée à ce que nos corps se rejoignent de nouveau, se blottissent, se consolent, s'isolent. Enferment nos souffrances, les gardent bien au chaud, les aident à cicatriser. À l'abri des autres. Puis ses lèvres caressaient mon oreille, y glissaient nombres de prières, de promesses d'union. Une main tendue, un appel à l'aide. La disparition de ce mur qui nous séparait, l'occasion de signer l'armistice. D'être enfin..Des frères, des vrais. Voire..plus. Et alors que je lui murmurai mon amour, que j'assurais être.. toujours là pour lui.

Il me mordait. Avec une brutalité renforcée par ma surprise.

Il me mettait à genoux, me rappelait ma soumission. Il fauchait l'idée qu'une équité, d'une alliance, s'accrochait à cette idée que j'étais son serviteur, son inférieur...Et il riait, riait de voir mes larmes couler. Je pleurais de douleur, je pleurais de peur. J'avais besoin d'un réconfort tendre, pas de cet amour brutal et violent qui ne faisait que plus me détruire...Mais ces moments avaient toujours été rares, depuis qu'il avait pris goût au sang humain. Enfant, j'étais le plus turbulent de nous deux, mais j'étais aussi le plus expressif. J'aurais été prêt à tout affronter pour mon frère, je faisais tout pour le faire sourire. Et ces rares fois où c'était moi qui perdais le mien... Raven intervenait. Et se chargeait personnellement des personnes responsables de mes larmes. Il ne perdait pas son temps. Un coup, ou deux, le soucis était réglé. Puis il revenait vers moi et après m'avoir disputé souvent pour ma trop grande gentillesse, il essuyait mes larmes et embrassait mon visage, m'accueillait dans ses bras et ne me relâchait que bien après que j'eus été calmé. Alors je retrouvais la pêche, je me remettais à rire de tout et de rien. Et Raven redevenait mon ombre, sans sourire mais me gardant toujours à l’œil, adoptant un air lassé quand j'étais près de lui, mais étant le premier à s'inquiéter de mes absences...

Raven... Pourquoi a t'il fallut que tout change ? Était ce vraiment pour seule cause le médaillon ?

Je détournais les yeux quand il parla de Nar. Nar avait été mon seul refuge quand Raven était devenu violent, bien trop violent...Je ne répondis pas à ses remarques. Lui et moi savions tout aussi bien que j'étais le serviteur du vampire, et que je devais surement l'avoir suivi, sinon, je ne serais pas ici... Je savais que Raven m'en voulait. Il aurait aimé que je sois plutôt à ma botte et n'avait pas dû supporter mon départ.. Ah, qu'est ce que je disais ? Oui, il m'en veut.. Déjà enfants, il m'en voulait quand je partais aux toilettes la nuit et que je l'abandonnais quelques minutes. Il s'attendait peut être à ce que soit qu'une ruse ? À ce que ma servitude à Nar ne soit qu'un mensonge pour me débarrasser de lui ? Pff, non. Jamais je ne pourrais me détacher de lui. Jamais je ne pourrais le désincruster de ma chair, de mon cœur. Mais je m'étais soumis à Nar pour avoir une chance d'avoir ma propre existence, aussi peu dépendante soit elle.

Et je notais alors ses petits gestes, ses charmantes petites manies qui m'avaient toujours attendri et agacé à la fois. Comme recoiffer sa chevelure parfaite, bien que quelques coquines petites mèches tombent sur son front, ou encore, dépoussiérer sa précieuse veste de soie bleue.. Sans parler de ces sourires à glacer le sang, ces regards qui vous pénètrent, vous transpercent, vous écartent pour lire en vous comme l'un de ces vieux traducteurs d'entrailles. Et il était tout aussi angoissant, bien qu'il soit mon propre frère... Nous étions vraiment le Yin et le Yang. J'étais le soleil rayonnant, dégageant plein de bonté, de gentillesse, de compassion. Lui était la lune, drapé dans sa majesté glacée, apportant sur son sillage un froid glacial qu'il répand tant bien sur les corps que sur les cœurs... Je savais, je pouvais tout du moins deviner qu'il devait avoir du bon en lui. Tout comme lui devait surement percevoir que je n'étais pas.. aussi sympathique que je pouvais le laisser voir au premier abord.

Ah tiens, Raven regrettait l'ancien temps ? Oui, je devais reconnaître que les soirées nocturnes avaient été de passionnantes aventures, où nous finissions toujours par nous faire peur.. Pour nous endormir l'un dans les bras de l'autre dans un buisson où nous finissions la nuit. Mais quand les chasses de mon frère s'étaient faites plus sérieuses... Nous avons commencé à nous séparer. Lui errait dans les bois et les villages à la recherche d'un repas. Moi, je m'efforçais d'oublier ma faim, allant me mêler aux fêtes des villageois appartenant au domaine de mon père. Ils m'appréciaient grandement, trop d'ailleurs.. Combien de fois Raven a pu tuer seulement car on disait des compliments à mon sujet ? Combien de village a t'il pu éradiquer dans mon dos ? Quand aux sympathiques dîners, mais quelle horreur.. Les nobles passaient leur temps à complimenter Raven, on l'encourageait même à tuer pour ensuite voir ses progrès et le féliciter. Moi ? J'étais la honte de la famille, j'étais humilié, on ne me nourrissait pas, on me laissait seulement assister aux supplices des êtres humains...

_ O..Oui, ça ne nous fera pas de mal.

Si seulement il avait raison. Si seulement, nous pouvions nous retrouver. Recommencer comme avant. Échanger, communiquer. Se réconforter, se protéger. S'aimer. Et non pas se détester comme à présent..Mais je doute que nous arrivions à vivre comme avant. Raven renfermait une telle.. haine, une haine que je n'ai jamais comprise, mais qui ne semble pas être sur le point de se tarir. Une haine, une volonté de nuire, de blesser, de détruire. Moi le premier.
Moi le premier...
Alors que j'aurais été, je suis toujours, le premier à vouloir lui donner tout mon amour, à effacer le passé. Je ne suis pas rancunier, je dirais même que je pardonne facilement.. Surtout.. surtout quand ça concerne Raven. Ça m'avait tellement.. fait mal, d'avoir pris toute cette distance. Je n'avais jamais autant souffert que ce soir où j'avais fugué.. Non pas seulement à cause des séquelles physiques ou mentales qu'il m'avait infligées, non. Mais parce que je l'ai toujours aimé.. de tout mon cœur.
Tout mon cœur...

Sa main resserra mon épaule avec tant de forces qu'elle en grinça. Il devait de nouveau tester ma forme physique... Non négligeable. Si ce n'est que je ne buvais pas assez de sang, pas assez pour pouvoir exploiter toutes mes capacités. On pouvait sentir mes muscles sous ma peau blafarde, mais voilà, ils étaient glacés, gelés par la difficulté que présentait mon sang à circuler. Il soupira et son autre main vint doucement me recoiffer. Ses doigts courant le long de mes mèches, les replaçant délicatement derrière mon oreille, revenant se perdre un peu dans ma crinière...
Et je ne sus pas ce qu'il me prit à cet instant.
Je m'avançais soudainement d'un pas. J'avais soudain un geste et je le vis cligner des yeux. Et oui, je pouvais être rapide moi aussi... J'avais déjà refermé mes bras autour de sa taille. Cette taille aussi fine que la mienne, cette taille un peu arquée à cause de sa posture noble qu'il gardait toujours. Une de mes mains se posa en bas de son bassin, quand la colonne vertébrale se redressait quelque peu, l'autre restant au contraire au creux, et j'enfouis alors mon visage contre son torse, la joue contre son cœur immobile, le bout de mon nez juste glissé par l'ouverture très discrète du col de sa chemise, me permettant d'humer son parfum menthé... Il allait me repousser d'un air dégoûté, m'insulter, me frapper surement.. Mais je n'avais pas pu m'en empêcher.

_ ...ça..ne nous fera pas de mal, répétais je alors.
Ma voix tremblait. J'avais peur, j'étais même mort de trouille. Qu'est ce qu'il m'avait pris de l'enlacer ainsi, chose que nous n'avions plus faite depuis au moins une centaine d'années.. ? Je le relâchais alors, fixant le sol en rougissant, m'empressant de reculer.
_ Tu.. tu as pu te faire des connaissances ? Tentais je dans un grand sourire.
Vite, diversion...
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Raven Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Dim 4 Mar - 23:15

    Iccs. Celui qui était censé être le même que moi alors que nous étions si différents. Mon jumeau ? Juste une ordure, un déchet, un être raté qui ne mériterait pas même d’exister. Iccs. Ce soi-disant vampire que je ne pouvais plus supporter, et que je ne supporterai plus jamais. Cet insupportable idiot dénué de toute intelligence, celui que l’on appelait mon semblable avec qui je partageais le même visage, le même physique, mes yeux bleus glacés, ma chevelure argentée… Tout. Tout sauf ce cœur qui s’était arrêté de battre de mon côté, qui avait prit la bonne voie, qui me séparait de ce monde des humains que je haïssais tant. Le sien battait encore, vigoureusement… Si seulement je pouvais… Si seulement je… lui arracher. Non. Gardons donc notre sang froid. Mon cher jumeau ne mérite pas que je m’énerve tant pour lui. Calme-toi, Raven. Calme-toi… Passons. L’on dit que les jumeaux s’aiment quoiqu’il se passe. Qu’ils sont connectés quoi qu’ils fassent, qu’ils sont prêts à tout l’un pour l’autre. Certains disent même que si l’un venait à mourir, l’autre le ressentirait. C’était certainement vrai, en partie. Sauf que cela ne s’appliquait plus à Iccs et moi. Je n’étais pas prêt à faire quelque chose pour lui. Je ne ressentais rien à son égard si ce n’est que de la haine, du mépris. S’il venait à mourir, j’en serais plutôt heureux car je pourrais plus facilement mettre la main sur ce fichu médaillon que je cherchais tant à avoir. Alors tout cela ne s’appliquait pas à nous, oh non. Peut-être lui pensait-il que je l’aimais encore ? Peut-être lui m’aimait-il encore ? Ahah, non, bien sûr que non. Il avait compris depuis bien longtemps… que je n’avais plus rien en moi qui me raccrochait à cette ancienne complicité.


    Cependant, je continuais à le suivre, à le traquer, petite proie inoffensive, cherchant à obtenir ce que je souhaitais tant avoir. Je le regardais depuis la salle des professeurs, errais devant sa chambre la nuit, arrivais même à entrer dans son appartement pour y laisser mon odeur et le perturber quelque peu. C’était un jeu ma foi plaisant et terriblement amusant, surtout quand je le voyais, terrorisé, en train de marcher dans les couloirs, jetant son regard une fois à gauche puis à droit en se demandant si je suis tout près de lui, si je vais l’attaquer et planter mes crocs dans sa chair ou tout simplement passer à côté de lui en riant. Je l’effraie, je le sais, je le sens et ressens. Et c’est tout ce que je veux faire, jusqu’à ce qu’il craque et pleure, tombe à genoux devant moi et me supplie, encore une fois, de l’épargner, de lui laisser la vie sauve… Et je me contenterais de prendre son sang et le laisser gésir au sol en pleurs. Tout cela me manquait, avec le temps. Tellement de temps, tellement de jours, d’années. Et voilà que j’avais trouvé l’endroit idéal pour le coincer et m’amuser un peu. Il pensait réellement m’éviter ? Il était lui-même allé dans l’endroit où je voulais le voir se rendre depuis quelques temps. Les sous-sols. Quel idiot, il pensait vraiment pouvoir m’éviter dans mon élément, dans les ténèbres qui envahissaient les lieux ? Comme s’il allait m’échapper. Pauvre fou, pauvre imbécile. Quand grandiras-tu…


    Il était là. Il s’était arrêté de marcher mais ne prenait pas la peine de se retourner. Stupide créature. J’eus un demi-sourire, gardant mes yeux glacés posés sur son corps. Toujours le même. Ses mots me firent avoir un petit rire alors que je fis quelques pas pour me rapprocher, lentement, laissant mon manteau frôler le sol. « Cinquante-deux années et sept mois précisément, cher frère. ». Encore quelques pas et je restais derrière lui, posant finalement une main sur son épaule dans un sourire. « Cela me fait plaisir de te revoir. Je suis certain que tu as de nombreuses choses à partager à ton frère tant aimé.». J'eus l'envie de planter mes ongles dans sa peau, faire couler le sang. Oh oui, j'en mourrais d'envie. Mais je me retins, riant légèrement, un rire plein de haine et de moquerie, un rire que je ne dévoilais qu'à lui, mon semblable. Iccs.


    J’avais envie de lui siffler un ‘pitoyable’, ce simple mot représentant à merveilles ce que je pouvais penser de mon jumeau à cet instant précis. Je ne pouvais penser autre chose, à le voir ainsi baisser les yeux, se soumettre face à mon regard glacial et la froideur intemporelle de mon si beau visage qui n’était autre que le même que lui. Se montrer faible face à son double, était-ce réellement possible ? Je ne suis pas son double, je ne suis plus son double. J’ai réussi à changer tout cela en lui prouvant que je lui étais bien supérieur, qu’il ne pouvait que s’agenouiller devant moi et éventuellement devenir aussi puissant que moi, bien que je sache que cela était absolument impossible… Aucune personne vivante, même décédée, ne pouvait atteindre mon niveau. Nar pensait certainement y arriver, et je savais parfaitement qu’il avait faux sur ce point. Enfin, là n’est pas le sujet. Mes yeux glissèrent une fois de plus le long de son corps tremblant sous la peur, cette peur grandissante en lui que je plante mes canines aiguisées dans sa jugulaire, récoltant ce précieux nectar, ce fluide vital autant à lui, être se croyant encore humain, qu’à moi, pour me nourrir bien entendu. Mais mes envies du jour étaient toutes autres, j’avais déjà pris un succulent repas dans la ville non-loin de cette école. Le tour d’Iccs viendrait plus tard, bien entendu, après tout, je préférais garder ce moment pour plus tard… Pour en même temps profiter de ses larmes, car bien entendu, j’aurais gagné et obtenu ce pour quoi j’étais venu dans ces lieux. Mais je m’égare, une fois de plus. Comme toujours, ais-je l’envie de dire…


    J’avais relâché son épaule dans un léger soupir et attendais une quelconque réponse de sa part, qui me surprit d’ailleurs quelque peu. Il m’avait enlacé, d’un coup, rapidement, se blottissant presque contre moi. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Quand on est en face d’une personne ayant les parfaites qualités pour vous anéantir autant physiquement que moralement, on ne prend pas la peine de l’enlacer. Et de plus, cette scène me répugnait au plus haut point. Je ne l’avais pas enlacé depuis au moins un bon siècle… Voire même plus, ce n’est pas le genre de chose dont j’aime me souvenir, loin de là. J’avais donc laissé mon frère faire ce qu’il voulait faire, réfléchissant à comment agir. Après tout, je pouvais tourner cette situation à mon avantage. J’avais toujours réussi à manipuler Iccs en usant de ma rhétorique et de simples gestes. Un sourire loin d’être emplit de sympathie s’étira sur mon visage. Il voulait jouer sur les sentiments… J’allais faire de même. Battre mon frère en utilisant ses méthodes, bien que lui les utilise d’une façon bien différente de la mienne. Mais les user à ma manière était bien plus drôle.


    « Des connaissances ? Oui… Diverses bien peu utiles… ». Je laissais découvrir mes crocs dans un léger rire. « De quoi me nourrir en tout cas. ». Je restais devant lui, remettant en place mon manteau qui avait prit un faux pli lorsque mon frère m’avait enlacé. Par reflexe également, je remis mes cheveux en place. Décidemment… Cette manie n’était jamais partie en plusieurs siècles. «[color=#214F8D] J’espère rencontrer des personnes plus potables dans cette école. ». Parler pour ne rien dire, exactement comme le faisait si bien Iccs. Faire passer le temps, calmer la tension jusqu’à user de la force et des mots blessants pour le faire tomber à genou, pleurer. J’attendais déjà ce moment avec impatience. « J’ai déjà rencontré une de tes amies, me semble-t-il. Mademoiselle Izeur… Charmante créature. ».. Et surtout, facilement utilisable. Enfin, pour le moment. J’arrivais à savoir quelques petites choses sur Iccs grâce à elle. Est-ce qu’Iccs allait avoir peur pour elle, si j’insistais un peu ? Après tout, je pouvais très bien lui faire du mal comme j’en avais fait et faisais à toutes les personnes qu’Iccs pouvait apprécier. « Elle est fort sympathique. Il se pourrait même que j’apprécie sa compagnie. ».. Et dans cette dernière phrase, j’avais passé ma langue sur mes canines aiguisées. Oh oui Iccs… Prends peur…


    Je mis ma main sous son menton, avançant d’un pas pour me retrouver bien face à lui. Je voulais qu’il me regarde, qu’il me contemple, qu’il voit ce qu’il aurait du être. Oui, je sais, j’aime aussi quand il baisse les yeux… Mais son regard hésitant entre la haine et l’amour donnait presque envie à mon cœur de rebattre. C’était si plaisant. Mes yeux bleus glissèrent le long de son visage et dans un demi-sourire, je pris mon frère dans mes bras, le serrant contre mon torse. Oui, je faisais comme lui. Mais j’avais l’avantage d’être un manipulateur hors-pair. Alors si cette accolade si parfaite allait sembler être un semblant de réconciliation aux yeux de mon frère, elle n’était pour moi qu’une simple part de mon plan pour prendre ce qui devait m’appartenir et qu’il avait en sa possession. « Iccs… ».. Ma voix grave tendait à sonner de façon douce, accueillante. Je devais miser sur une fausse envie de redevenir proche avec lui, bien sur son attitude quelque peu idiote face à son dégout d’être vampire. Mais je devais mentir, encore et toujours… « Tu m’as manqué, mon frère… ».. Mais oui bien sûr…


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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Mar 20 Mar - 15:24

Mon cœur battait. Mon cœur me faisait mal. Ces contractions douloureuses, peinibles, luttant contre l'étreinte de la mort glacée qui n'attendait qu'à l'étouffer. Ces contractions qui, comme une provocation, continuaient, irrégulières mais sans jamais s'arrêter, même lorsque les yeux de mon frère se plantaient tels des pieux sur ma poitrine. Souhaitant surement mettre fin à ce son, ce son si affreux pour un vampire, ce lointain témoignage d'une humanité à laquelle je m'accrochais bien que je n'en ai jamais été dôté... Nar aussi avait toujours une attitude paradoxale face à mon rythme cardiaque. Il l'insupportait, il souhaitait le réduire au silence, il était pourtant ravi que mon cœur batte pour lui... Tout comme il battait pour mon jumeau. Mais je savais que le cœur de Raven était depuis longtemps paralysé, incapable même d'émettre la moindre petite contraction à mon égard. Qu'avais je espéré quand j'avais noué mes bras autour de sa taille ? Que son corps s'ébranle, marque un signe de surprise ou de tendresse à mon égard ? Pff, étais je donc encore si naif à mon âge.. ? Il semblerait que oui.

Mais quel mal y'avait il à ce que j'espère retrouver notre complicité, cet amour que nous avions pu avoir l'un pour l'autre par le passé ? Blotti quelques secondes contre lui, j'avais cru pouvoir effacer tout ce qu'il avait pu se passer, comme ça, d'un geste. Je n'étais pas rancunier, pas comme Raven. Je ne voulais plus penser à ce qu'il m'avait fait, je voulais oublier ma fuite et ces cinquantes années sans nous voir. Je voulais tout recommencer, profiter de cette académie pour prendre un nouveau départ. J'avais glissé prudemment une langue sur mes lèvres asséchées alors que je repensais dans un petit pincement au cœur au contact de son corps contre le men. Ce corps semblable au mien, et qui gardait malgré tout un mystère auquel je restais difficilement impassible. Je pouvais deviner sans mal ses pectoraux dessiné sous son vêtement noir et mes yeux se perdirent quelques instants le long des ornementures d'argent de ce vêtement bleu, ce bleu si clair qui avait toujours permis aux autres de faire la distinction entre nous. Raven s'habillait de noir et de bleu, moi, de rouge et de blanc.

Raven était toujours impeccable. Coiffé à la perfection. Habillé d'une façon à ce que même les plus nobles des vampires courbent la tête devant lui. Les autres pouvaient bien se croire supérieurs ou le mépriser, je savais qu'il était l'un des plus redoutables vampires de ce monde, avec Nar. Eux seuls, à mes yeux, pouvaient prétendre au trône de Roi des vampires, et ils avaient d'ailleurs toujours été rivaux, toujours, tout le temps. Dès leur plus tendre enfance, ils avaient été à la fois complices et adversaires, se serrant les coudes quand il le fallait, mais étant les premiers à se provoquer voire à essayer d'écraser l'autre. Mais que ce soit Nar ou Raven, aucun des deux n'avait jamais baissé la tête... Contrairement à moi qui fuyais tout conflit, me soumettais dès que l'on m'adressait un quelconque geste agressif... à nous trois, nous devions être redoutables. Nar et Raven étaient maîtres de la rhétorique et savaient user de leurs crocs. Leur simple présence suffisait à ce que la grande majorité des vampires soit intimidée... Ils étaient dignes du sang des Seigneurs qui coulaient dans leurs veines. Quand à moi... J'étais celui qui les calmait. Celui qui leur servait de défouloir, mais je détenais la clef pour les apaiser tous les deux, quitte à ce qu'ils se retournent contre moi et défoulent leur rage après. Et si jamais Nar ou Raven était mis en mauvaise position... C'était à moi de sortir crocs et griffes. Et là... durant ces terribles instants, le gentil et soumis Iccs n'était plus qu'un lointain souvenir, un rêve auquel on peut se raccrocher, un simple rêve qui ne suffira jamais à dissimuler totalement la vérité. Cette vérité que je renfermais en moi depuis tant d'années...

Je me souviendrai toujours des yeux écarquillés de mon frère quand il m'avait trouvé. Trouvé, surmontant un cadavre, rendu à 4 pattes comme une vulgaire bête, en venant à fouiller dans les entrailles de ma proie, à avaler tout ce que je pouvais arracher des chairs tremblantes de vie du vampire que j'avais plaqué au sol. Et oui, car si je ne tuais pas d'êtres humains... je ne pouvais pas en dire autant de mes congénères. J'étais le plus faible des vampires, en temps normal.. Tout du moins, tout le monde s'en persuadait. Notre propre race le faisait. On me prenait pour le chien faible de la bande, celui né avec une tare génétique.. Et si j'avais belle et bien une tare génétique, c'était carrément une tumeur vue l'ampleur qu'elle prenait parfois dans mon esprit, vue l'influence qu'elle avait parfois sur la moindre de mes attitudes. Je sais que Raven ne l'avait pas. Je le sais. Car parfois, il était même arrivé à ce qu'il souhaite me retenir... Sans y parvenir. Que ce soit Nar ou Raven, quand ma rage s'éveillait, rien ne me retenait, jusqu'à que ma soif eut été tarrie. J'avais tué bien plus de vampires que d'êtres humains, quand j'y pensais...

Mais c'était un sujet sensible. Un sujet taboo. Un secret, auquel nous pensions tous les trois, mais sans jamais en avoir discuté une fois. Je restais le soumis. Je restais Iccs, le vampire raté, le vampire trop humain qu'on devait juste mépriser. Nar et Raven auraient été trop fiers de toute façon pour reconnaître que je pus avoir été redoutable, que je peux encore l'être si je le souhaitais. Mais j'étais faible. J'avais peur de la violence, j'avais peur de cette force qui vivait en moi et n'attendait qu'à éclater au grand jour. Cette puissance latente que je contenais, cette soif de sang et de massacre que je retenais. Si les vampires libéraient chaque jour un peu de cette rage bestiale, qu'ils la distillaient à petite dose.. La mienne s'accumulait. Sans jamais s'épuiser. Augmentait de fur et à mesure, mes crises en devenant plus rapides, plus imprévues... Et bien plus.. sauvages. Je n'étais pas réduit au rang d'une bête à cet instant, à présent. Je réfléchissais seulement comme un prédateur, un vrai, au point où j'en étais venu même parfois à.. Non, rien qu'à cette idée, j'en ai la chair de poule. Et pas seulement à cause de la peur...mais aussi d'une excitation croissante. Vite, vite chasse ces pensées malsaines, Iccs.

À nous trois, nous aurions pu tous les dominer. Tous. Les asservir sous notre pouvoir.. Car les vampires se perdent trop dans leur lutte solitaire, leurs congénères ne sont pas prêts de bouger un doigt pour les aider. Mais Nar, Raven et moi avions surmonté l'handicap de notre race, et cela, depuis notre enfance. J'étais peut être, après tout, le seul point de liaison entre Nar et Raven, la seule chose qui les retenait de s'être entretués par le passé. Un vampire n'a pas de rival, en temps normal. Il est soit plus fort, soit plus faible.. Et quand il y a égalité, on s'efforce de trouver un moyen d'y mettre fin. Pourtant, Nar et Raven ne l'avaient pas encore fait... Et la seule explication que je trouvais était.. que je m'étais toujours interposé entre les deux quand l'un voulait nuire à l'autre.
Raven se rapprocha doucement de moi. Sa cape sinueuse rampait sur le sol, semblable au serpent qui avait sacrifié ses écailles pour le bas souple de mon frère. Sa voix caressa alors le silence, souffle sussurant qui vint se glisser à mes oreilles. Cette voix grave, autoritaire, glacée. Calme, majestueuse. Un ton monocorde, où l'on lisait clairement quelques syllabes légèrement insistées, un réflexe qui ne servait qu'à mépriser. Pourtant, sa voix était si douce à mon cœur, malgré les mots durs qu'il pourrait m'injecter d'un moment à l'autre tel un poison..Et malgré tout ça, malgré mes craintes, je m'étais jeté dans ses bras. J'avais pu sentir un parfum autre que ses odeurs délicates mais viriles à la fois, une fragrance plus lourde, plus sucrée.. Une femme surement. Une autre femme qu'il avait dû charmer avant de l'égorger et abandonner son corps aux douces formes rebondies aux doigts glacés de la mort avide. Mon cœur s'était quelque peu serré alors que j'imaginais sans mal les longs cheveux blonds de la femme, ses yeux bleus, semblables aux nôtres, fixés dans le vide, à la recherche d'un vrai amour sincère qu'elle ne trouvera que dans le baiser de la Faucheuse. Pourquoi fallait il que je pense toujours à notre mère à ces instants ? Pourquoi j'en venais à la voir, à l'imaginer à chaque fois plus belle, plus majestueuse, plus fragile à chaque fois ?

Tout en le serrant dans mes bras, j'étais allé réfugier le bout de mon nez dans le creux de son cou, mes mains posées sur le creux de sa taille. Notre corps l'un contre l'autre. Déjà petit, quand nous dormions, j'aimais à dormir contre mon frère.. Qui m'emprisonnait contre lui, m'empêchait tout mouvement. J'étais alors incapable de bouger, au creux de ses bras, au creux de son corps... Et j'aimais ça. J'aimais terriblement ça. J'avais cette sensation que rien ne pourrait nous séparer. J'étais certes à sa merci, mais je me sentais pourtant terriblement protégé. Et souvent, durant notre enfance, nous avions commis quelques écarts.. Je me souvenais des petits bisous dans le cou que nous nous échangions. Puis les très timides morsures de Raven sur mon épiderme.Ses petites dents, pas assez aiguisées, pinçant avec un amour mêlé d'envie mon derme, le souffle rapide et rauque de mon frère me laissant assez deviner la hauteur de son désir.. Et quand nous avions grandi, quand, au fur et à mesure, ses crocs s'étaient aiguisés, nos écarts se firent plus fréquents. Ses canines perçaient ma peau, sa langue avide récoltait la moindre goutte de sang, alors que ses mains hésitantes, frémissantes, venaient prudemment étudier mon corps, jusqu'à en venir à se faufiler sous mes vêtements...
Et dans ces instants, je retenais mon souffle, je gardais les yeux fermés.. nous faisions semblant de dormir, pour préserver notre fierté, pour ne pas se sentir mal d'avoir osé franchir le règlement et l'éthique de notre père. Mais mon cœur battait à m'en rompre la cage thoracique, des soupirs d'envie s'échappaient de mes lèvres entrouvertes alors que je rapprochais mon corps du sien, que je sentais une autre morsure, bien différente de la sienne, m'embraser le bas ventre...
ça avait été si bon. Des moments mêlant force et tendresse. Puis tout avait dégénéré... Il avait fini par ne subsister plus que la rage et la destruction, et non plus la délicatesse d'un amour en éveil.

Je m'étais finalement reculé, quelque peu à contre cœur, lui offrant un sourire. Sourire. Je souriais tout le temps.. Et je savais qu'ils étaient nombreux à souhaiter me l'effacer, mon frère le premier. Je frémis quand il m'annonça avoir trouvé de quoi se nourrir... Puis il parla d'Iris. Iris. L'infirmière qui veillait toujours sur moi et Alister, à la façon d'une mère ou d'une grande sœur. Une femme remarquable, forte de caractère, forte tout court, mais qui avait, comme tout le monde, certaines faiblesses.. Et je savais Raven capable de les dénicher. Les paroles de Raven étaient un poison doux.. Semblant inoffensives, elles vous rongent pourtant. Longtemps. Creusent dans les faiblesses de votre cœur, se fraient un passage dans vos idées... Elles en viennent à envahir votre sang, à se propager comme une tumeur..Je me mordis la lèvre. Ce simple geste trahit mon angoisse au sujet de mademoiselle Izeur.. J'eus quelques longues secondes de dilemme.. M'énerver mais lui montrer par la même occasion que je tenais à elle et que j'avais peur pour elle ? Ne rien dire et l'encourager peut être à lui faire du mal pour me faire réagir ? À la fois, j'étais peut être trop parano, peut être ne comptait il rien lui faire, seulement bluffer pour me faire marcher... M'emporter lui aurait montré que j'étais aussi irréfléchi qu'avant...

_ Ne lui fais pas de mal, Raven.

Bon, oui, j'étais tout aussi con qu'avant. J'avais serré les poings, nerveux. Ma voix avait un peu tremblé, bien malgré moi, alors que j'avais pourtant adopté un des tons les plus fermes. Et les longs doigts fins de mon frère se placèrent sous mon menton. Il me fit redresser la tête vers lui et je me surpris à rougir un peu, oui, enfin, bleuïr comme un vampire. Mes mèches blanches tombaient devant mes yeux mais Raven les écarta pour que nos prunelles jumelles se fondent l'une dans l'autre. Je me perdis quelques secondes dans le bleu glacé de ses yeux, ce bleu que nous partagions, ce même bleu qui avait teinté les prunelles de notre mère avant qu'elle ne ferme définitivement ses paupières. Je ravalais ma salive et en l'espace de quelques secondes, mes yeux se baissèrent. Un geste qui dut lui faire plaisir, un geste qui fit bondir mon cœur, car les quelques microsecondes où mes yeux descendirent, je pus contempler son visage, mon visage, redessiner ses lèvres doucement dessinées, et perdre mon regard sur les plaines enneigées de la peau opalescente de son cou, où se devinaient milles et une saveur sous cet épiderme nacré. Je retins un peu ma respiration alors que la main de mon frère vint se glisser le long de ma joue dans un geste lent, mesuré. Et il me prit alors dans ses bras.

Un geste tout en douceur, sans aucune brusquerie. Un geste tendre au contraire, alors qu'il me serra contre son corps, ce corps semblable au mien, nos cœurs complémentaires s'appuyant l'un contre l'autre, le sien restant immobile, le mien retrouvant un rythme régulier, puissant, rapide. Je vins m'enfouir au plus près de son corps comme lorsque nous étions enfants, cachant mon visage contre ses pectoraux, mon nez glissé entre leur creux, au niveau de leur séparation. Mes lèvres appuyèrent légèrement sur son vetement alors que je pouvais percevoir le froid de sa chair, de son être, ici, juste en dessous.. Si près... Mes mains se déposèrent sur ses hanches étroites alors que je fermais les yeux, laissant échapper un soupir vibrant bien malgré moi. J'étais apaisé, réconforté, ainsi contre lui, et un sourire heureux étira mes lèvres.
_ Toi aussi, tu m'as manqué...
Je n'arrivais pas à hausser la voix, mes paroles n'étant qu'un murmure vibrant, mais parfaitement audible pour ses oreilles pointues.
_ Je suis heureux... que tu sois là, Raven..
Oui, heureux. Profondément heureux. Tout du moins, à cet instant. Toute crainte ou méfiance s'évanouissait, mon cœur battant de tout mon amour fraternel.
_ Heureux..., répétais je en me plaquant plus encore à lui, voulant disparaître contre lui, en lui comme il m'arrivait parfois d'y rêver enfant. N'être qu'un morceau de son cœur ou dans un coin de sa tête, être lui, avec lui, sans le faire disparaître. Souhaitant seulement retrouver cette relation fusionnelle si importante à mes yeux...
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Raven Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Ven 23 Mar - 19:54

    Je l’avais, entre mes bras. Son corps délicatement collé contre le mien dans une étreinte délicieuse, où je pouvais tranquillement humer son léger parfum, sentir son souffle encore chaud aux vibrations légères contre ma peau, et surtout ressentir son cœur battre vivement, tel un être humain, comme essayant de donner une impulsion au mien pour qu’ils se mettent tout deux à battre à l’unisson, comme quand nous étions encore d’innocents petits enfants gardant leur part d’humanité sans vraiment savoir que nous allions la perdre un jour. J’arrivais à sentir ce rythme pouvant se montrer entrainant, cette percussion bruyante, ce tambour, cette caisse au son si grave. C’était bien la seule chose qui nous séparait, Iccs et moi. Un cœur. Un cœur ayant une quelconque utilité. Cela faisait des décennies que le mien s’était arrêté, alors que celui de mon jumeau continuait à donner des pulsations régulières. Le sang qu’il lui transmettait réchauffait l’entièreté de son corps, me faisant à chaque fois un choc étrange quand nous avions un quelconque contact physique : j’espérais, silencieusement mais assez fortement pour qu’il le comprenne, qu’un jour, je sente contre moi son corps glacé, aussi gelé que le mien, que ses doigts fins glissent sur mon visage et le long de mon bras sans que j’aie ce choc étrange, ce frisson déplaisant. Mais sa peau brulante n’allait-elle pas me manquer ? Je n’en savais rien, je préférais me dire que non. J’avais espéré pendant tant d’années qu’il devienne un véritable vampire que je n’avais jamais réellement pensé à ce genre de détails. Mais ils étaient importants, pourtant, ces détails. J’avais connu mon frère ainsi toute ma vie, je m’étais habitué à sentir ce véritable brasier sous mes doigts. Mais ce n’était pas de simples changements physiques qui allaient faire changer mon avis sur la chose… Car il y avait bien des raisons plus importantes pour que je souhaite qu’Iccs devienne entièrement un vampire. Tout d’abord car il se devait de l’être. Notre père l’était, nos ancêtres l’étaient. Mais surtout car j’avais eu l’occasion, que dis-je, la chance de voir mon frère en action lorsqu’il était pris de rage, lorsque la faim, l’envie de sang lui rongeait le ventre, dévorait peu à peu son esprit, lui faisait perdre toute conscience. Comment un être aussi docile, aussi faible en apparence pouvait-il cacher une telle puissance digne des plus grands vampires ayant fait leur preuve sur cette terre ? Je l’avais vu vider plusieurs êtres de leur sang, s’acharner sur leur corps que la vie avait laissé. Des humains ? Allons, comme si il allait le faire à des humains… Il s’en prenait à nous. Nous, les vampires. Il avait osé faire de sa première victime l’un des amis et alliés de notre Père. Il l’avait tué sauvagement, se jetant à son cou, avant de finalement me regarder, les lèvres couvertes de sang, un sourire plus qu’inquiétant dessiné sur le visage. Il ne m’avait pas fait peur. Non non ! Comme si moi je pouvais avoir peur ! Il m’avait simplement surpris. Et je l’avais recroisé quelques années plus tard, il s’en était pris à moi, se vengeait librement des morsures qu’il appréciait pourtant tant. Je ne peux nier que cela ne m’avait pas déplu. Au moins… j’étais heureux : il avait bu du sang. Allez savoir si c’était le seul effet que cela me donnait… Mais là n’est pas le sujet, n’est-ce pas ?



    Je l’avais un peu plus serré contre moi, sans sourire, sans rire, sans laisser apparaitre une quelconque émotion, comme à mon habitude. Je ne voulais pas qu’il ait peur ou qu’il se méfie de moi. Je voulais qu’il croit en moi, qu’il pense que je n’allais pas lui faire de mal, que je n’allais pas pouvoir faire de mal au seul frère que j’avais et que je n’avais pas vu depuis plus d’un demi-siècle. Il devait pourtant savoir qu’il était en position de faiblesse. Car ses faiblesses, je les connaissais toutes, et je venais d’en découvrir une plutôt utile. Outre sa ridicule force physique quand il était affamé, il avait fait l’erreur de s’attacher à des êtres dont j’allais me faire un plaisir de me servir. Il avait suffit que je parle de la délicieuse créature qu’est l’infirmière pour que je sente en lui monter la peur, l’angoisse. Le ton qu’il avait emprunté pour me glisser quelques mots, me demander froidement mais gentiment tout de même de ne pas lui faire de mal m’avait même donné envie de rire. Il restait tellement humain… Il s’attachait si facilement, lamentable créature. Je savais également qu’il appréciait ce jeune crétin de Carter, qui passait son temps à venir me voir à la fin de mes cours pour me poser des questions auxquelles j’avais nullement envie de répondre. Il y avait d’autres professeurs avec qui il s’entendait bien également. Oh, et Nar bien entendu, mais il n’est pas nécessaire de parler de lui. Je pouvais donc prendre qui je le souhaitais en cible, je savais que j’étais capable de rendre douloureux chaque battement du cœur de mon frère grâce à cela. Je pouvais lui faire ce dont j’avais envie, quand j’en avais l’envie… De la manière dont je le voulais. Il m’offrait bien gentiment ses faiblesses, certainement sans le vouloir. Je connaissais les personnes qu’il aimait, je connaissais ses défaillances physiques, j’arrivais à reconnaître la peur dans ses yeux. Je savais tout de lui, absolument tout. Et je connaissais son point faible principal. Nar. Oh oui, j’en étais certain. Mais je n’avais pas la force de faire du mal à cet homme, ce vampire. Enfin, je ne parle pas de force physique, bien entendu. Je suppose que derrière ce visage sans ton et sans teint pouvaient se cacher quelques sentiments que je ne me permettais pas d’avouer, et que je n’allais jamais exposer au grand jour.



    Mes doigts fins s’échappèrent dans ses mèches blanches, jouaient tranquillement avec alors que je semblais comme heureux d’avoir mon frère dans mes bras. Semblais, n’exagérons rien. Mon autre main quant à elle glissa encore un peu tout le long de son dos, se posant finalement en son milieu, appuyant un peu plus sur son corps pour qu’il soit au plus près du mien. « J’ai fait bien des erreurs à ton sujet, Iccs. Je ne sais encore si je les regrette. Je souhaite simplement oublier. ». Des paroles qui pouvaient paraitre ridicules mais, qui je le savais, allaient l’atteindre et le faire réfléchir longtemps. Croire en moi ? Ou alors se rendre compte que je n’étais qu’un fantastique menteur, manipulateur, charmeur qui n’hésitait pas à se servir de son propre frère ? Il allait me croire. J’avais pris mon ton le plus sincère, le plus froid également, ce genre de ton faisant légèrement vibrer votre voix grave, lui donnant un air appréciable, à la limite de l’accueillant alors que… pas du tout. Cette voix là, je la prenais souvent pour charmer mes futures victimes. Est-ce qu’il en était conscient ? Est-ce qu’il était ma prochaine victime ? Allez savoir… Je savais déjà, de toute façon, que s’il refusait de me donner sa part de l’héritage, il avait de fortes chances de finir avec mes canines violemment plantées dans sa jugulaire, récoltant avec tendresse son sang bouillant. Nombreux allaient être ceux qui allaient m’en vouloir. Mais aucune n’oseraient m’affronter, je les effraye bien trop, je le sais, j’en suis certain. Et ils ne me connaissent pas comme Iccs peut me connaître… Bien plus violent, sadique, sans peur et sans honte, admirant la souffrance avec un délicieux sourire à mes lèvres glacées. Peut-être Iccs allait-il voir ce sourire, le revoir du moins. Peut-être que ce sourire sera la dernière chose qu’il verra. C’était même certain. Car s’il venait à mourir de la main de quelqu’un, autant que ce soit de la mienne…



    « Il n’y a que toi qui peut me faire oublier tout ça. ». Que lui ? En vérité, je ne comptais même pas oublier, donc… Si c’était le cas, il n’allait pas être le seul à pouvoir me faire oublier toutes ces choses si plaisantes et horriblement délicieuses. Mais est-ce bien nécessaire que je dise le nom de celui étant capable de me faire oublier tout ça ? J’en doute. « Recommençons à zéro. Aide-moi à ne plus faire les mêmes erreurs. ». Mentir à ce point m’agaçait fortement, mais je n’avais pas d’autres choix. Il devait croire en moi. C’était la seule chose à faire pour que je me rapproche de lui et puisse gentiment prendre le médaillon, qu’il me laisse simplement le voir, jusqu’à ce que je m’en empare. Faire le gentil. Redevenir le frère qu’il adorait tant, celui qui ne se rendait pas encore compte à quel point la puissance pouvait compter. Faible créature que j’avais pu être. Mon sourire s’étendit quelque peu, sourire qu’il ne pouvait pas voir, étant encore contre moi. Je finis par laisser mes lèvres errer le long de son cou, mes canines glissaient sensuellement, cruellement, sur sa peau. Il s’attendait à la morsure. J’avais senti son corps trembler dans mes bras, mais je ne le lâchais pas pour autant. Mes lèvres se déposèrent finalement dans son cou, mon souffle vicieux et loin d’être rassurant s’abattait lourdement contre lui jusqu’à ce que je me détache de son corps et passai une dernière fois ma main sur sa joue, sans sourire, sans rire, sans même montrer une quelconque émotion, comme toujours, ais-je envie de dire. « Tu vas avoir bien du mal à me croire, n’est-ce pas ? Je le sais, Iccs. Je te connais tellement bien. Je me suis tellement moqué de toi par le passé. ». J’eus un bien léger rire, qui ne dura qu’une fraction de seconde jusqu’à ce que mon visage reprenne son air glacial habituel. « Crois ce que tu veux. Tu verras par la suite que je suis sincère. ».

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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Jeu 24 Mai - 10:25

J'étais prisonnier de son étreinte. J'aurais pu aimer cela, par le passé. Mais là..Une crainte instinctive me prenait au creux des tripes. Que faisais je là ? Contre lui ? Je le surveillais alors du coin de mes yeux bleus, mon cœur s'accélérant un peu. Oh, comme je savais que chaque battement l'agaçait...Il fut un temps où il le berçait cependant. Mais je sais qu'il ne supporte plus vraiment ce son. Aurais je pu arrêter mon cœur de battre ? Après tout, je le forçais bien à se mouvoir...Mais c'était devenu un réflexe contre lequel je ne pouvais rien. Comme un fumeur continue de bécoter des cigarettes alors qu'il développe un cancer. Quelle tumeur croissait en moi ? Celle de l'humanité. Peut être un jour deviendrais je vraiment humain ? Après tout, je me nourrissais comme tel, j'en venais à faire court durant la journée sans avoir de difficultés à rester éveiller...Oh oui, je devais leur faire honte. Mais peut être étais je simplement évolué ? Je ne me faisais pas d'illusions. Nous n'étions plus les maîtres de ce monde à présent et je doutais qu'on le soit de nouveau. Nous n'avions plus les pouvoirs et l'importance que nous avions pu avoir par le passé. Les humains nous avaient dépassés par leurs progrès et autre...

Instinctivement, malgré ma volonté et cette peur qui me nouait les tripes, je m'étais un peu plus collé contre mon frère, mon nez venant chercher au creux de son cou cette odeur que nous partagions. Cette odeur que je prenais le temps de respirer et de savourer, mes bras venant doucement se glisser autour de sa taille. J'étais brûlant, à coté de lui. Mon père me croyait souvent fiévreux d'ailleurs... Combien de fois avait il pu s'angoisser de ma haute température, pour ensuite s'inquiéter du fait que je n'ai pas soif malgré ma chaleur corporelle. Je retins un sourire à ce souvenir. Voilà que je rêvassais dès que j'étais en contact avec lui. Je me perdais dans une lointaine mélancolie. Un certain regret du passé qui venait parfois me hanter. Certes, j'ai pu en baver. Certes, j'avais vécu des choses que je n'étais pas spécialement pressé de revivre. Mais j'avais pu profiter aussi des moments les plus beaux de mon existence... quand ni mon frère ni Nar ne me voyaient avec mépris, que l'on pouvait s'aimer tous les 3 sans qu'il n'y ait de soucis. Mais jamais plus nous ne pourrions connaître cela de nouveau.

Pourquoi ? Car Raven et Nar avaient énormément de changer. Il fallait appartenir au moule, hein ? Ce moule dicté par nos ancêtres, par notre sang..fichus moutons. Nous nous pensions libres et fiers, redoutables créatures en réalité emprisonnés par leurs propres principes sans espoir d'évolution. Voilà pourquoi notre temps était révolu à mes yeux. Les humains étaient forts par leur capacité d'adaptation. En ce qu'il nous concernait, nous n'avions jamais adopté le moindre changement en des siècles d'existence... Nous allions disparaître, quoi qu'il se passe. Je le savais, je m'étais fait à cette réalité.

Et j'espérais peut être tenir un peu plus longtemps en m'adaptant..Non. Non, je n'étais pas ainsi. Si j'avais décidé d'être humain, c'était avant tout en mémoire à notre mère et en respect à mes valeurs. Pourtant, j'avais été..pire qu'un vampire parfois. Et mon frère avait été là pour le voir. M'en étais je pris à lui ? Il ne m'a jamais vraiment répondu. Mais je me souviens de l'avoir plaqué au sol, une fois. De l'avoir mordu à pleines dents pour boire son sang parfumé, ce sang glacé mais si goûteux..Le sang de mon frère. M'unir à lui par cet échange de sang dans une des relations les plus parfaites, sans l'entacher de sexe. Arf, quoi que, l'inceste était encore bien vu chez les vampires, il était même encouragé. Je me demandais parfois si nous avions eu quelques histoires de ce genre avec notre père...

Rien de bien poussé, dieu merci. Le maximum que nous avions dû faire devait se résumer à un baiser chaste, ou une sieste sur son torse. Par contre, entre Raven et moi.. rmfr, cela avait commencé très jeune. De petites morsures, le besoin de se presser l'un à l'autre, de s’agripper, ne plus se lâcher. Puis ça avait viré en baisers timides, plus assurés. Des coups de crocs moins doux mais plus passionnels. Les mains qui s'égarent, découvrent le corps de l'autre, bien que nous nous connaissions par cœur..Mais il était si bon de se redécouvrir, encore et encore. Cela me manquait il ? Surement. On ne peut pas oublier de la sorte son jumeau. À dire vrai, nous n'étions peut être même qu'un même être. Les deux parties d'une créature bipolaire. Car parfois, il me comprenait sans que je n'ai à lui communiquer quoi que ce soit, tout comme moi, je savais interpréter le moindre de ses gestes.

Les doigts de Raven vinrent jouer avec mes mèches blanches et j'esquissais un sourire en fermant les yeux. Je frottais doucement ma tête contre ses doigts dans un réflexe digne d'un chaton. J'étais en manque de ses gestes, j'étais en manque de sa présence. Parfois, la nuit.. J'en venais même à manquer de sa violence, après que Nar m'ait jeté hors de sa couche. J'en venais tellement à manquer d'amour que j'aurais accepté à ce que l'on me fasse du mal plutôt que l'on m'ignore et qu'on m'abandonne. Son autre main vint appuyer au creux de mon dos et je suivis alors sagement l'ordre silencieux, me collant un peu plus à lui, mon souffle se figeant quelques petites secondes. Oublier ? Oublier ce qu'il avait fait ? C'était bien facile d'oublier sans même présenter ses excuses.. Je savais qu'il ne le ferait jamais, mais je trouvais l'option de l'oublie un peu trop facile. Je n'en dis rien cependant. Nous en discuterions plus tard...
La légère vibration de sa voix avait fait frémir mon cœur comme les doigts d'un musicien qui parcourent les cordes de son instrument. Il savait jouer avec moi. Il savait que faire pour me faire trembler, pour me faire sourire..J'étais comme possédé par lui. Comment m'échapper alors qu'il connaissait tout de moi, qu'il savait exercer sur moi un pouvoir auquel seul Nar pouvait à peu près rivaliser ?

J'avais même envie de chanter. Une comptine d'enfant. Une chanson que notre père nous chantait souvent. C'était une mélodie des plus courtes, répétitives, mais que j'avais toujours pris plaisir à fredonner. Avec le temps, j'avais appris à chanter juste, tout du moins, ces quelques petites paroles, paroles issues d'un âge ancien et d'une langue qui m'est totalement inconnue. Chanter pour renouer avec le passé. Notre histoire. Pas celle de notre sang. Mais la nôtre à nous, indépendamment des autres.
Et ce fut à cet instant qu'il me parla de recommencer à zéro. Si seulement c'était aussi simple. Si seulement je pouvais tout effacer d'un revers de main, tant les peines que nous avons pu vivre tous les deux, que les horreurs que nous avions pu commettre. Garder seulement nos bons souvenirs, notre amour l'un pour l'autre.. Je frémis durement en sentant ses lèvres caresser sensuellement le cou que je lui offrais, la pointe de ses canines frôlant mon derme.. Je m'étais agrippé alors à lui nerveusement, à la fois craintif mais.. excité par l'idée de morsure. Allez, plante moi. Plante moi... J'avais envie de le supplier, mettre fin à cette attente insupportable. Est ce que j'allais aimer ? Oh oui..mais j'aurais aussi peur, comme à chaque fois, peur qu'il ne me fasse trop de mal, peur qu'il ne me tue simplement. Mais il se détacha de moi et passa sa main sur mon visage. Mes sens avaient été exacerbés par ce qu'il s'était passé. Mon cœur tapait si fort dans ma poitrine que j'en eus mal. J'arrivais à peine à écouter la suite de ses paroles, un désir craintif montant en moi. Étais je devenu masochiste ? Je crevais de peur, je ne voulais pas qu'il me fasse du mal et pourtant...

_ ...Mords moi.
La phrase m'avait échappé. J'avais osé la prononcer. Il était trop tard, à présent, pour reculer. Nar allait voir la morsure et me tuerait.. à part si.. à part si Raven voulait bien me donner un peu de son sang pour cicatriser tout ça. J'avais baissé la tête en tremblant. J'avais honte. Honte de prendre du plaisir ainsi, honte de prendre du plaisir sans l'accord et sans la présence de mon maître, honte de laisser quelqu'un d'autre boire mon sang..mais il s'agissait de Raven. Il s'agissait de mon frère. Et je.. j'avais besoin.. de.. surtout après tant d'années...
Cette phrase me renvoyait à mon enfance, où dès mon plus jeune âge, je demandais à Raven de me mordre. Nous jouions le loup et il se jetait souvent sur moi pour me dévorer, me faisant rire aux éclats. Et je me surpris à avoir les larmes aux yeux comme cet enfant que j'avais pu être.
_ Mords moi..mais pas trop fort. Pas trop profondément.
C'était aussi un test. Voir si il arriverait à se maîtriser, si il avait vraiment la force de tout recommencer à zéro et de ne plus réitérer ses erreurs.
_ Prouve moi que j'ai de bonnes raisons de croire en toi, fis je d'un ton plus assuré en le fixant droit dans les yeux, malgré l'humidité au creux de mes prunelles. L'instant était grave. Je verrais si il me mentait ou si il était prêt à faire des efforts.. Et si il ne se contrôlait pas.. j'étais pas prêt de le croire de nouveau. Et il le savait.
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Raven Vergan
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MessageSujet: Re: Doppelganger Dim 10 Juin - 21:03

    Stupide marionnette. Ma marionnette, contrairement à ce qu’il disait. Il appartenait à Nar ? Balivernes, Iccs était mien depuis toujours. Il ne pouvait renier cela, oh non. Mon double, la seconde partie de moi. Alors même si cet imbécile Nar se disant Maître possédait son corps… Je possédais son âme. Et je la possède toujours. Mon sourire s’étendit un peu alors que j’étudiais du regard le corps de mon idiot de pantin, corps que je connaissais par cœur, que j’avais exploré plus d’une fois par le passé. Nar peut se vanter de jouer avec Iccs, mais jamais, ô grand jamais, il ne connaîtra mon frère comme j’ai pu et peux le connaître. La douceur de sa peau, il ne l’a pas découverte comme moi j’ai pu la découvrir. Je connaissais chaque endroit sensible, là où il craignait le plus mes morsures, là où il aimait sentir mes baisers. Je savais comment effleurer son visage pour le faire rougir, je connaissais le moindre sentiment qu’exprimaient certaines fois ses regards. Nulle personne ne possédait ce savoir sur son frère excepté moi, et je ne comptais pas laisser quelqu’un d’autre l’obtenir. Avec un peu de chance, j’allais pouvoir persuader Iccs de devenir un véritable vampire, enfin plutôt, laisser le monstre en lui se réveiller pendant que je récupérais le médaillon. Puis autant rêver, peut-être deviendrions-nous les deux vampires les plus redoutés qu’il pouvait exister. Car je savais que mon jumeau était pire que moi, quand il avait faim, soif de ce nectar si délicieux qu’est le sang. Il se disait humain, mais allons… J’avais vu la bête qu’il devenait quand il avait besoin de se nourrir. Mais cet imbécile se nourrissait de sang vampire, notamment du mien, surtout du mien même devrais-je dire. Cela aurait déplu à bien des vampires, mais à moi… Voir mon jumeau dans cet état ne me rendait que plus heureux. Je crois que je serai presque prêt à faire battre mon cœur pour le revoir ainsi. Presque, n’exagérons rien non plus. Mais ce visage déformé par son rictus de plaisir, d’envie, ses yeux brillants qui transpercent mon âme, ses crocs, oh oui ses crocs qui déchirent ma peau pour qu’il puisse récolter mon sang du bout de sa langue… Voir tout cela me manquait, vraiment. J’avais eu l’occasion de le voir ainsi uniquement deux ou trois fois, et j’aurais souhaité le voir ainsi tout le temps. Mais, cet imbécile ne comprend pas. Il ne comprend rien du tout.



    Mes lèvres s’étendirent un peu, sourire fort sympathique, sourire amical peut-être même. Je devais être un minimum réaliste dans ce que j’étais en train de faire après tout. Persuader mon cher jumeau que je m’étais calmé, que je n’avais fait que des erreurs, que je pouvais être aussi doux que durant sa tendre, ma tendre, notre tendre jeunesse… Il était resté accroché à moi quelques secondes, alors que je m’étais détaché de lui, que je n’avais fait que passer mes canines impatientes de percer sa peau dans son cou. Je laissai mes doigts jouer sur sa peau pâle, dans cette chevelure mal coiffée, les laissai même s’échapper sur ses lèvres un instant avant de poser ma main sur son épaule et retenir mon sourire carnassier à sa demande. Le mordre, c’est cela ? Oh, depuis le temps que je voulais reprendre cette activité qui s’était stoppée bien trop tôt, lorsqu’il s’était enfuit de notre demeure. Enfin, de ma demeure, à présent. Avoir son sang sur mes crocs, le sentir doucement glisser sur ma langue, et ravir mes papilles, me nourrir. Une goutte, une simple goutte… En toutes ces années, j’y avais songé tellement de fois. J’avais même eu la vague envie de le retrouver pour le vider de son sang, en profiter jusqu’au dernier millilitre avant de me forcer à oublier tout cela pour en profiter comme si je le redécouvrais lors de nos retrouvailles. Et alors qu’il me le proposait si gentiment à ce moment, je me forçai à tourner la tête, éviter son regard. Il en rajoutait, encore. De bonnes raisons de croire en moi, j’allais lui en donner, bien plus qu’il ne le pensait même. « …je ne peux faire une chose pareille. » . Je me mordis la lèvre, geste si faux mais si réaliste avant de le regarder et passer mes doigts sur sa joue, une fois de plus. « Voilà que je viens tout juste de te retrouver et que tu me demandes de te faire mal ainsi ? » . Mal ? Non, je savais qu’il aimait mes morsures, qu’il les avait toujours adorées. Alors je n’avais qu’à me jeter sur son cou, n’est-ce pas ? Faire ce qu’il me demandait. Mais je n’en avais pas l’envie, tout d’abord car je devais sembler un minimum calme pour qu’il me croit, et surtout car il était hors de question que j’obéisse à l’un de ses ordres. Allons donc, comme si moi, Raven Vergan, allais obéir ordres de quelqu’un ! Je n’avais pas acquiescé aux commandements de mon père à la fin de sa vie, alors je n’allais pas me plier à ceux de mon jumeau, même si je respecte la famille.



    « Est-ce vraiment ce que tu souhaites ? » . Oui, il le voulait, il le voulait tout autant que moi. Dans un soupir finalement, je m’étais résigné à écouter son ordre et m’étais rapproché de lui, le plaquant contre le mur. Mes lèvres prirent d’abord le temps d’effleurer sa joue, son oreille, avant de se glisser dans son cou. « Comme au bon vieux temps, n’est-ce pas… ? » . Je souris un peu, laissant mon souffle s’abattre contre sa peau. Je déglutis, venant simplement jouer du bout de ma langue à l’emplacement où j’allais le mordre. « Mais… Si je le fais, mon frère… Alors mords-moi aussi. » . Autant faire d’une pierre deux coups, non ? Moi aussi, j’avais envie de connaître une fois de plus la douce violence de ses morsures. « Mords-moi aussi, Iccs… » . Je vins poser mes mains sur sa taille, finissant de murmurer ma phrase en insistant sur son prénom alors que je pinçais sa peau du bout des dents. Je devais le faire craquer. Je devais le faire, et j’allais y arriver…


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