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Let's rock !

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Iccs Vergan
» Gloomy Adroit

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» Profession : Prof de français. Ou Emmerdeur et j'suis payé pour ça.
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MessageSujet: Let's rock ! Sam 14 Jan - 3:10

Ça aurait pu être une journée comme les autres.

Je m’étais levé en début d’après midi, ce qui était assez tôt pour les vampires, pour un jour de congé. Après une bonne douche et m’être vêtu de mon jean et d’une chemise mal, voire très mal boutonnée, qui découvrait mes abdominaux et le haut de mon torse, je vins errer dans le salon. Je n’avais pas envie de sortir, il faisait bien trop froid et trop ensoleillé pour ça. Tout en passant une main dans mes cheveux blancs, trempés, j’allais jeter une œillade à Nar qui dormait à poings fermés dans son lit. Je m’approchai de lui pour simplement le regarder dormir.. Et c’est là que débuta les emmerdes.

Je me pris le pied dans le coin d’un meuble. Je glapis alors de douleur et je voulus me reculer, mais je glissais alors sur la couverture d’un magazine que j’avais abandonné là et je tombais sur le lit, administrant à mon pauvre Narou un bon vieux coup de tête de bourrin dans le ventre. Ouf. J’aurais pu frapper plus bas, et là, je pouvais signer mon arrêt de mort.

Bref, cela suffit cependant à ce que mon charmant vampire hurle comme une banshee et me repousse comme si j’étais le dernier des pestiférés. Je m’enfuis docilement dans le salon en criant des excuses, m’empressant d’aller fermer les volets pour ne pas le mettre plus encore de mauvaise humeur. Mais bon, vous le savez, l’intelligence fait pas vraiment partie de mes qualités. Car bien sur, comme un con, j’ai oublié de ramasser le magazine. Et qui marcha dessus? Qui Glissa dessus plutôt? Eh oui. Mon Narou. Je l’entendis avoir un juron et un bruit sourd se fit entendre, puis un crissement digne des plus affreux films d’horreur quand une grosse vilaine bêbête va pour manger le héros. Mais c’était pire que ça.
C’était Nar de mauvais poil.

J’optais pour m’installer sur le canapé comme si rien n’était, mais le magazine heurta ma tête si fort que je faillis m’étaler par terre comme une huitre. Je couinais de douleur et je me frottais le front en gémissant un peu, sentant, sans me retourner, la présence de Nar dans la pièce. Son aura pleine de rage et de mécontentement emplissait la petite pièce d’une tension palpable, plus encore pour nos sens de vampire, mon cœur se serrant et s’accélérant un peu alors que je me retournai à demi pour le surveiller. Comme si il allait m’attaquer par derrière..Je sais, je suis stupide. Les mèches de Nar dissimulaient son regard. Il ouvrit le frigidaire et prit une bouteille de sang du frigo, se remplit une tasse à ras bord qu’il glissa dans le micro onde. Le silence retomba, seulement perturbé par les ronronnements de la machine. Je n’osais pas allumer la télévision ou ma console, pas même émettre le bâillement qui ne demandait qu’à sortir.
Manquait plus que j’ai envie d’éternuer tiens. Mettez vous à ma place, j’étais en présence d’un terrible fauve enragé et affamé qui n’attendait que le moindre mouvement, le moindre son pour se jeter sur une pauvre victime qu’il ne tuerait peut être pas, mais qu’il lacérerait assez pour qu’elle en soit handicapée à vie. Et vu que j’étais la seule créature à peu près vivante dans les environs..

Je déglutis alors que, instinctivement, je me penchais pour m’effacer derrière le dossier du canapé, comme si je n’avais jamais été là. Après sa tasse de sang, il serait d’humeur moins maussade et je pourrais me permettre de lui parler quelque peu. Ah, enfin retentit la douce sonnerie du micro onde. Cette délicate mélodie que j’avais tant de fois bénie pour toutes ces fois où elle m’a sauvé la vie!
Je souris et je me redressais quand Nar ouvrit la porte pour glisser sa tasse à ses lèvres… avant de soudain la balancer contre le mur, une longue traînée rougeâtre et poisseuse s’étendant lentement sur le mur comme dans le plus immonde des films d’horreur. Mes yeux s’écarquillèrent alors que j’imaginais le pire des scénarios, que j’en venais à me demander si une fille ayant quelques soucis n’aurait pas oublié son embryon dans l’une de nos bouteilles vu l’aspect visqueux du liquide..Mais j’eus assez vite ma réponse quand Nar vint m’empoigner par les cheveux pour m’approcher du truc dégueu.
_ Tu vas immédiatement me nettoyer ce… ce sirop de cassis…
Ou il dit un truc du genre. En fait il avait tellement les crocs serrés qu’il avait plutôt prononcer un truc comme « chlmelcmeherrr », mais vu que j’avais un traducteur de Naroupasréveillé, je pus comprendre ses dires. Enfin, je venais surtout de me souvenir que, pour lui faire une petite blagounette, j’avais vidé une bouteille entière de crème de cassis dans celle qu’il réservait en temps normal pour ce sang immonde qu’il gardait de côté pour ses fringales. Je soupirais et je me mettais à l’œuvre dans un sourire gêné et innocent, genre j’ignorais totalement la raison de ce changement de place magique entre mon sirop et sa bouteille de sang.

Nar, heureusement, ne semblait pas encore décidé à m’arracher la vie de suite et alla s’installer sur le canapé. Il alluma la télévision…Et j’avais oublié de baisser le son avant de l’éteindre. Nar eut un sursaut digne d’un chat -je crus même qu’il allait se planter au plafond- quand la télé se mit à hurler le refrain d’une chanson actuelle. Nar eut un véritable cri bestial et je crus qu’il allait balancer la télévision par la fenêtre, mais je m’emparais à temps de la télécommande pour éteindre la télévision. Petit silence. Nar, les cheveux tout droits sur la tête, haletait comme une bête traquée.

Et là, j’eus envie de le faire chier.
Vous savez, ce genre de pulsions que l'on peut pas retenir? C'est comme laisser un gosse avec un briquet et un pétard, ou vous donnez un pistolet à eau alors que votre voisin ronfle joyeusement à côté. Vous savez que vous allez vous en prendre plein la gueule, et pourtant vous vous découvrez un petit côté suicidaire et vous succombez à la tentation, affreuse tentation, terrible tentation...! Mais putain d'excitante, comme tentation.
Alors je rallumais les enceintes. Son maximum. Puis la télévision. Heureusement que je l’avais laissée sur une chaîne de musique…

Mais j’avais pas prévu que ce soit du métal.
Le mec hurlait à en vomir ses tripes, et le son de la guitare mal accordée, violentée par les doigts bagués de l’artiste qui devait surement composer, nous lacéra les oreilles, nous traversa même la tête, et après que Nar se soit jeté sur moi pour tout éteindre, je restais encore de longues minutes en mode zombie, la tête complètement shootée par la puissance de la musique. Nar me disputa mais bon, j’étais devenu sourd et j’avais encore des acouphènes qui envahissaient ma tête.. Alors je le regardais en hochant la tête pour qu’il soit content. Il finit par me laisser et alla s’allonger sur son lit pour se reposer.

Après quelques minutes, me sentant décidément très seul, je vins le rejoindre en sautillant comme un cabri, j’esquivais le magazine d’un bon et je m’asseyais près de lui. Nar avait posé un bras sur ses yeux pour ne pas avoir à me voir surement.
_ Narou fais pas du boudiiin,minaudais je d’une petite voix geignarde alors que je pokais doucement son torse du bout de mon index. Nar eut un crissement agacé. Je lui chatouillais alors le ventre et Nar me retint les poignets. Le message était clair : arrête de me faire chier ou je te bouffe. Je couinais et il finit par me relâcher, s’allongeant sur le côté en s’entourant de la couette. Je m’approchais alors doucement de lui.. Et je ne trouvais pas mieux que mordiller la pointe de son oreille qui émergeait de ses mèches de cheveux. Il rugit comme un fauve et se jeta sur moi avec tant de violence que nous finissions au sol, moi par terre, lui sur moi. ET CE PUTAIN DE MAGAZINE SOUS MON DOS. Il me défonçait les vertèbres, ce salaud !
J’adoptais alors ma mine de chat potté, arrondissant au maximum mes rondes pupilles en faisant trembler mes lèvres et en balbutiant des excuses et des petits mots genre « mais..mais Narou je me sens seul, j’ai peur dans le noir.. » . Je fermais les yeux comme crainte d’un coup mais ses doigts effleurèrent alors une cicatrice au niveau de ma tempe…
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Nar O'Shanahan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Lun 23 Jan - 23:00

Non mais sérieusement... Quelle journée de merde !

Tout pouvait pourtant bien se passer, je pouvais très bien rester au lit toute la journée vu que je travaillais pas, dormir d'un sommeil de plomb et totalement profiter de la nuit, me nourrir et coucher avec des femmes qui seraient mortes avant même que je ne finisse mon affaire. Ça c'était la belle vie. Mais non, Mon colocataire et fidèle serviteur depuis plusieurs siècles maintenant semblait en avoir décidé autrement. En effet, Iccs avait le talent pour faire du bruit et provoquer ma mauvaise humeur. Alors, je me réveillais et lui hurlais dessus. Ce matin n'allait pas y échapper d'ailleurs. Avec tout ce qu'il avait fait je m'étais levé d'un bond en lançant des jurons à qui mieux mieux, évidemment ce lâche à fuit ! J'arrivais dans le salon après avoir enfilé un pantalon gris moulant, pas de haut, la flemme.

La mâchoire serrée et affamé je me posais dans le salon, le fixant durement. Puis, décidant de ne pas m'attarder sur lui et passer la page, je me rendis à la cuisine pour chauffer ma bouteille de sang, tiens, il a pensé à fermer les volets et les rideaux, quelle belle attention... Non de toute façon il est obligé de faire ça. Il doit le faire parce que je hais la lumière du jour, je préfère la lumière tamisée que nous offrait cet appartement. #DING# Han. Enfin, c'est chaud, je pris ma bouteille... Hmm... une odeur fruitée, miam ce devait être une jolie jeune vierge, je portais le liquide à mes lèvres et buvais une longue gorgée. « Putain ! » m'écriais-je alors en claquant la bouteille contre le mur, faisant gicler ce... « PUTAIN DE SIROP DE CASSIS ! MERDE ! » Iccs... Je le tuerais un jour et il me pète les tympans avec sa télévision à la con et j'en ai marre ! Voilà je suis de mauvais poil pour toute la journée.

Je poussais un grognement et retournais finalement me recoucher, la journée serai trop merdique sinon. Mais Iccs ne semblait pas prêt de me laisser. Je fermais les yeux et frissonnais sous ses petites dents. Je grognais à nouveau et en moins d'une seconde il se retrouva plaqué au sol, moi sur lui, les yeux rougis par la soif et les crocs bien tendus. Je rapprochais mon visage du sien et je grognais encore. Je levais la main et m'apprêtais à le frapper mais je remarquais une petite marque sur sa tempe. Je fronçais les sourcils et caressais cette marque, hésitant un peu. Était-ce moi qui avait fait cela ? Je ne m'en souviens pas, je ne crois pas. Alors j'empoignais sa chevelure et je poussais un grognement significatif. « Qu'est ce que c'est que cela !? » Je n'aimais pas qu'il ait des marques sur son corps, j'étais son maître, le seul à pouvoir avoir tous les droits sur son corps.

Mes crocs s'étendirent encore un peu plus et frôlaient à présent les lèvres du vampire aux cheveux blancs. « Qui t'a fait cela ? » Ma voix était dure, autoritaire, comme j'aimais lui faire peur. « Et ne me ment pas, je hais ça. » Je pris ses poignets d'une main et les ramenais au dessus de sa tête, pour qu'il ne puisse pas me repousser. Je haïssais cet être autant que je pouvais le désirer et ça je peux vous le dire, c'est pas rien. Il transformait ma vie en enfer autant qu'il arriver à faire d'elle un véritable petit paradis. Fuck. Puis, d'un coup, je vins mordre sa lèvre, faisant perler le sang, j'eus un rire moqueur avant de relâcher sa chevelure pour la caresser doucement, presque qu'avec tendresse. Je déposais mes lèvres froides sur sa tempe et vint murmurer à son oreille, dans un souffle glacé. « Je... Crève d'envie de te faire du mal, de t'entendre gémir et de te sentir souffrir... De t'entendre gémir et de te sentir souffrir... Histoire de remplacer cette marque... » A ces mots, je laissais glisser mes doigts le long de sa joue, un sourire méchant aux lèvres avant de lui griffer la joue, laissant ainsi une marque rougeâtre, puis je passais ma langue dessus. Han... J'aime sentir cette puissance que je peux encore avoir sur lui.

_______________________


Merci Allan ♥

Iccs Vergan a écrit:
Cette douceur destructrice, cette violence de velours... Qui n'aurait pas eu peur, de ce calme qui ne cachait qu'une rage prête à exploser ?


Merci Marouane:
 
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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Mer 25 Jan - 14:26

Rouges.

Ses yeux rougis étaient plantés en moi, ses prunelles comme tachées du sang que ses mains n’allaient pas tarder à faire couler. Serait ce le mien? Je me surpris à déglutir alors que tout mon corps se contractait petit à petit, me faisant trembler. Mon sang n’était pas forcément mauvais, contrairement à ce qu’on pouvait dire. Le sang des vampires est comparable à la majorité des vins : plus les années passent, plus il est goûteux.. Je fermais à demi mes yeux pour m’efforcer de me contenir. Avoir peur était la meilleure solution de l’énerver davantage voire d’exciter sa soif de sang. Et je ne tenais pas trop à ce qu’il m’assèche complètement… Quoi que. J’aimais me sentir m’évader en lui. J’appréciais cette sensation de fusion, à ce que mon liquide vital se mêle au sien pour finalement ne former qu’un. J’aimais m’évanouir, alors que mes toutes dernières pensées se glissaient sous ses crocs, entraient en lui au rythme de ses coups de langue et déglutitions. J’aimais disparaître en lui. J’aimais disparaître…

Je n’osais pas bouger alors que je mourrais d’envie de glisser mes mains dans ses mèches sombres. Le conduire vers ma gorge et la lui offrir, comme tout bon serviteur. Mais Nar n’était pas d’humeur à se montrer tendre. Même si il pourrait apprécier le geste de sacrifice que j’aurais eu à son adresse, ce jour là, il en aurait surement profité pour me déchirer la gorge. Et ça m’effrayait… Qui plus est, cela allait faire quelques jours que je n’avais pas bu la moindre goutte de sang. Mon liquide sanguin devait être encore fluide dans mes veines, vu que je ne ressentais pas encore de crampes intolérables, mais si Nar me vidait de ce sang, je risquais fort..d’avoir mal. Mal au point d’en devenir fou. Mais à cet instant, je savais que cela ne suffirait pas à retenir Nar, loin de là. Il allait aimer ça, et continuer. Me rappeler qu’un serviteur reste à son rôle de serviteur.

Et oui, car j’étais son vassal.
Je ne savais pas encore si il se souvenait de ce petit détail…Chez les vampires, il y a ainsi un ordre hiérarchique assez sévère, et le tout était réglé de nouveau par la loi du sang. Mon propre père avait dû s’incliner face à celui de Nar, bien qu’il ait pu être un de ses rivaux les plus dangereux. J’avais suivi sa voie en me soumettant à Nar, alors que mon jumeau, lui, pût retrouver ce rang de noblesse auquel notre famille avait droit. La relation de pouvoir entre Nar et Raven a toujours été assez incertaine. Raven ne s’est jamais considéré comme inférieur, loin de là, et Nar ne s’est jamais permis de le rabaisser. Un respect réciproque, un respect égalitaire les reliait tout deux. Et moi? Moi, j’étais le soumis, comme toujours. J’étais inférieur à Nar, j’étais inférieur à mon frère jumeau. Certes, j’avais du sang noble, il s’agissait bien d’ailleurs de la seule chose qui ne me rabaissait pas au point d’être traité comme un vampire..humain. Les vampires « humains » sont ceux qui ont été humains et sont devenus vampires à cause d’une morsure. La hiérarchie vampirique devait s’être faite moins stricte que par le passé…

Je me souvenais encore du petit tableau qu’avait dessiné Raven pour m’expliquer, quand nous étions enfants. Au sommet de la pyramide du pouvoir se trouvait le vampire ultime. Puis les seigneurs vampires, au sang pur et non tâchés encore par trop d’humanité, comme l’ont été nos pères. Ensuite venait la noblesse vampire, comme Nar et Raven, fils de Seigneurs Vampires et d’humaines. Et, au plus bas de la hiérarchie, ceux qui avaient été appelés les Larves par le passé, ou les Goules dans certaines contrées, c’est-à-dire les humains devenus vampires suite à une morsure et à un partage de sang. Quand à moi, je me trouvais à la frontière de la noblesse et des larves. Les vampires me méprisaient. Même ceux qui avaient été humains venaient à me voir inférieur. Si seulement ils savaient… Si seulement ils savaient que mon sang était semblable à celui de Raven, que nous ayons tous deux eut le sang d’un Seigneur Vampire, un vrai, qui ne s’est incliné face au père de Nar que pour éviter une guerre et non pas pour reconnaître sa faiblesse face à lui.

Nar l’a peut être oublié. Aussi parce que je me laisse sécher lentement et que je ne me nourris que de sucreries. Quand on ne boit pas de sang, notre corps sèche littéralement, notre sang perd peu à peu sa fluidité, entraînant alors des crampes et des douleurs de moins en moins supportable. Boire du sang nous permet de fluidifier le nôtre, mais rester sans en boire entraîne lentement mais surement une coagulation du sang dans nos propres veines. Nous ne mourrons pas, mais nous souffrons alors, de plus en plus, jusqu’à en devenir fou et être prêt à tuer tout ce qui nous passe sous les griffes… Et je ne vous dis pas comme notre apparence devient hideuse. Enfin, quoi qu’il en soit, mon sang était encore fluide, je le sentais se glisser en moi comme un serpent glacé et paresseux, et devait encore être à peu près bon au goût. Quand je venais de boire, mon sang révélait toute mon origine, se parait alors d’arômes qu’aucun bas vampire ne pourrait posséder. On y sentait mon expérience, mes longues années d’existence, mes colères, mes joies, mes peines, tous ces sentiments rendant mon sang unique en plus de l’héritage déjà floral que m’avait laissé mon père.
Mais la plupart du temps, mon liquide sanguin était presque solide et ne semblait être qu’un condensé du sucre que j’ai pu dévorer pour essayer de palier à ma soif.

Je fermais mes yeux et je détournai la tête quand Nar leva la main pour me frapper. J’étais son serviteur. Je devais subir, tout ce qu’il souhaitait. Sa haine, ses envies, ses rages, ses joies. Je me devais de l’assister, d’être toujours à ses côtés, bien que je me doive de rester évanoui dans les ombres. Toujours présent sans que l’on ne me voit. Toujours près de lui, bien que nous ayons l’air si distants l’un à l’autre. Je regrettais parfois de ne pas avoir suivi la voie de mon frère, de ne pas pouvoir être son égal. Notre relation aurait été peut être moins destructive? J’aurais été son égal, nous aurions pu éviter bien des séances de coup. Mais, à la fois, regrettais je vraiment ma place? En tant que serviteur, mon existence serait toujours mêlée à la sienne. Aucune question n’avait à se poser : j’étais à lui et je devais veiller sur son bien être. Sans n’avoir aucune limite sauf celles imposées par mon maître. Sans même avoir à respecter les règles de la société, mais devant seulement suivre celles de Nar.

Mais ses doigts glissèrent alors le long de ma tempe. Étonné, je levais alors mes prunelles bleues vers lui, mais j’y trouvai alors une telle haine que mon cœur eut un battement douloureux. Ses doigts m’empoignèrent brutalement les cheveux, m’arrachant une petite plainte craintive. J’avais eu un peu mal mais je savais que cette douleur à l’instant n’était rien comparée à celle qu’il pouvait m’infliger. J’eus envie de pleurer. Je détestai cet instant, cet instant terrible d’attente de la punition. Tu sais que tu vas avoir mal, tu sais que tu vas en chier et que tu vas en prendre plein la gueule, pendant un temps qui te paraîtra être une éternité. Tu sais que tu vas finir par supplier pour que cela arrête, tu vas même finir par croire que la Mort aura pitié de toi et viendra abréger tes souffrances. Mais ce n’est que le début de l’attente. Aucune souffrance n’est plus douloureuse que celle qui dure, dure et t’use, petit à petit.

Sa voix siffla à mes oreilles comme un serpent menaçant, dont les crochets terribles vinrent d’ailleurs frôler mes lèvres. Je me mis à trembler, chacune de ses syllabes étant comme une lame avec laquelle il me transperçait le torse, cherchant à toucher mon cœur déjà prêt à s’arrêter et à saigner. Son visage était si près du mien…Que voulait il savoir..? Ah, pour ma cicatrice..? Il était vrai qu’il n’avait jamais toléré à ce que je porte d’autres marques sauf celles qu’il me gravait sur la peau. Dommage que Raven ait la même habitude.. Il empoigna mes poignets et les bloqua au dessus de ma tête, les retenant de sa force implacable, celle de la soif mêlée à la colère, un mélange comparable à un alcool, le plongeant dans cette ivresse sadique dangereuse que je craignais plus que tout. Quoi que je dise, il ne m’écoutera peut être pas, quoi que je fasse, il ne changerait peut être pas d’attitude. Que je garde le silence ou que je parle, il allait s’énerver contre moi et me faire mal…

J’eus à peine le temps de répondre que ses canines déchirèrent brusquement mes lèvres. J’avais senti leurs pointes acérées pénétrer dans la peau tendre et la tirer, l’écarter, l’ouvrir dans quelques lourdes perlées de sang qui se mirent à dégouliner le long de mon menton, Nar s’empressant de récolter ce trésor si précieux aux pesantes nuances de rubis. Je déglutis et la suite de ses paroles m’affolèrent alors qu’il caressa tendrement ma crinière blanche avant de planter ses ongles au niveau de ma pommette. Ongles qui devinrent des griffes, griffes qui percèrent ma peau et commencèrent à descendre le long de mon visage, y traçant une estafilade ensanglantée avant que sa langue glacée ne s’appuie sur ma joue pour récolter le sang. Je pus le sentir frémir et je pus retrouver la parole durant ces quelques maigres secondes où il ne marquait pas encore mon corps de sa rage.

_ Je… je me suis cogné contre le placard… Personne n’a fait ça, je me suis juste cogné… Tu.. Vous vous souvenez..? Vous étiez présent dans la pièce à cet instant…
Ma voix tremblait bien trop à mon goût, comme celle d’un enfant effrayé. Effrayé. C’était bien le mot. J’avais peur, peur de ce qu’il allait me faire, de jusqu’à où sa colère allait le pousser à m’infliger. Je ne voulais pas avoir mal, je n’aimais pas ça… Quoi que. Non, je n’aimais pas que cette douleur ne prenne sa source dans la rage et la rancœur, dans l’envie seulement de détruire mon corps. Mais après tout, cela aurait été peut être mieux.. Je ne savais plus, j’étais complètement perdu, la peur affolait même mes idées et je cherchai à tout prix à trouver quelque chose de rassurant ou de plaisant dans la situation, ou simplement quelque chose de stable auquel me raccrocher. J’étais comme lancé dans une mer en furie, balloté par les vagues, prêt à tout instant à ce qu’une vague me noie, qu’un requin me dévore ou que je puisse sinon poser pied à terre sur un rocher, en sécurité.

_ Me faîtes pas mal…s'il vous plaît, laissais je échapper assez pitoyablement. Le tutoiement avait laissé place au vouvoiement. Ce n'était plus l'ami, le compagnon que j'avais près de moi, mais le Maître, le prédateur. Non pas la main qui s'offre mais la main qui frappe. Non pas le sourire doux mais le rictus de prédateur. J’hésitais puis, tout doucement, péniblement, je m’efforçai de dégager mes poignets de son étreinte. Je penchai la tête alors que je glissai ma lèvre ensanglantée sur les siennes, le laissant laper mon sang tout à son aise pour, en échange, pouvoir m’extirper. Péniblement, je pus libérer un de mes poignets, puis je forçai sa main à relâcher l’autre, mais je continuais mon geste de soumission en lui offrant ainsi mon sang. Finalement, je me dégageai de lui, je me relevai d’un bond et je me reculai.
_ Je.. Je suis désolé, je vais euh.. Prendre ma douche.

Excuse totalement stupide. Mais j’étais pris de cette peur viscérale, cette crainte de la proie face à son prédateur.. C’était la pire réaction que je pouvais avoir en cet instant. J’allais l’exciter, j’allais lui donner plus envie encore de me saigner comme un vulgaire gibier. Mais je n’arrivais plus à me calmer, ni à contenir mes pulsions instinctives, cela allait faire trop de temps que je n’avais pas eu affaire à un Nar plein de rage et assoiffé en plus de ça. J’avais perdu la pratique comme on dit. Je me précipitai alors à la salle de bains sans attendre son avis et je m’y enfermais, allumant l’eau avant de m’asseoir à même le sol. Je m’enlaçai alors en ramenant mes genoux contre moi et je serrais les dents en essayant de maîtriser les tremblements spasmodiques qui m’avaient saisi.
J’avais peur. Trop peur.
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Nar O'Shanahan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Dim 29 Jan - 20:57

Il était soumit. Totalement soumit. Et c'est ça que j'adorais chez lui, il suffisait que je hausse la voix pour qu'il se souvienne où était sa place. J'avais faim, j'avais soif, soif de lui, mais soif d'un bon sang aussi. Iccs n'était pas un grand cru, pourtant c'était toujours lui que j'adorais dévorer, c'est tellement bon. Je le laissais fuir, de toute façon j'arriverais à l'avoir rien que pour moi, il finirait par sortir. J'eus un rire moqueur, un rire méchant, un rire qui en disait long sur mes intentions, j'allais lui faire du mal et j'allais me faire du bien. C'était comme ça entre nous, il n'était qu'un objet, un simple objet. Il n'était rien, il n'était que poussière et un jour il redeviendrait poussière. Je pouvais faire ce que je voulais de lui, j'avais tous les droits sur lui et c'est ça que j'adorais. Ah bon sang qu'est ce que j'adorais ça. C'était mon objet que j'aimais. Un fait que je ne reconnaitrais jamais, je préférais cent fois lui hurler dessus que lui susurrer des mots doux. J'étais comme ça, pas du genre à m'attarder sur des niaiseries. Je poussais un grognement et je me levais, passant une main dans mes cheveux pour aller vers la salle de bain et tourner la poignée. Je fronçais les sourcils en constatant que c'était verrouillé. J'aurais pu défoncer la porte, mais Miss Berkelay doit en avoir marre de faire réparer tout ce que je détruit. Je fermais les yeux et posais mon front sur le bois de la porte et je me mordis la lèvre, fermant les yeux, un demi sourire naissant sur mon visage. « Iccs, ouvre. » Il ferait semblant de ne pas m'entendre, il ferait semblait de prendre sa douche et de chanter peut être même sous cette douche, il ne m'ouvrirait pas, je le savais mais cela ne coûtait rien d'essayer. Je lui avais fait peur, qu'est ce que j'adorais sentir son petit corps s'affoler et frétiller sous moi. « Très bien... » Dis-je au bout de quelques minutes d'attente dans le silence. « Je vais aller me détendre en ville, à plus tard. » et il savait très bien ce que cela voulait dire, et je savais qu'il n'appréciait pas cela, j'allais me nourrir et passer du bon temps avec une autre, j'aurais son odeur sur moi et il trouverait cette odeur trop forte ignoble car les femmes de la rue se parfument toujours trop pour masquer leur misère, leur désir. Le désir est-il la marque de la misère de l'Homme ? S'il ne parvient pas à la maitriser, à la contrôler, oui.

A ces mots, je me détournais, j'enfilais des vêtements propres et classes pour séduire puis je sortais après avoir enfilé ma veste et prit mon paquet de cigarette posé sur un meuble dans l'entrée de notre appartement. En sortant je croisais l'infirmière et je parlais quelques minutes avec elle en lui assurant que ce n'était pas moi qui volait quelques poches de sang dans l'infirmerie et que cela m'étonnerait que ce soit Iccs car ce dernier ne semblait pas s'être nourrit ces derniers jours. Elle me laissa tranquille et je pus arriver à Londres sans difficulté, entrant dans le premier bar que je voyais, commandant à boire, encore et encore. Je buvais au point de dépenser tout ce que j'avais sur moi et j'avais pas mal de liquide sur moi. Je peux vous le dire. Je bus au point que la femme qui vint m'aborder n'eut besoin de rien pour que je vienne l'embrasser en la plaquant contre le mur des toilettes de ce bar. Elle eut un rire, un petit gloussement alors que laisser glisser mes doigts gelés le long de son décolleté. Mon autre main, agile vint défaire la fermeture éclaire qui maintenait sa robe et le court tissu coloré rouge tomba au sol dans un froissement agréable. J'embrassais son cou avec envie, les battements de son cœur s'accélérant. Je poussais un râle désireux en humant ses fragrances épicées. Elle sentait si bon. Mes yeux s'aiguisèrent, ma main caressait son corps alors que mes crocs s'allongeaient et commençaient à percer la peau de la belle aux cheveux châtains. Je plaquais finalement mon bassin au sien, encore habillé, ma main se plaquant elle aussi contre sa bouche pour étouffer les bruits et lentement, m'enfonçant dans sa jugulaire et sifflant de plaisir je buvais son sang brulant, remplissant mon corps petit à petit, sentant les forces revenir en moi, mes yeux reprenant une belle couleur bleu profond, je buvais son sang jusqu'à son dernier soupir attendant que son cœur cesse de battre. Personne ne s'inquièterait pour cette prostituée. Je me débarrassais du corps et je repartais pour l'école, ayant hâte de retrouver mon petit esclave maintenant que j'étais plein de forces.

« Iiiiiiccs... ? Je suis rentrééé. » Dis-je en poussant la porte de la salle l'appartement. Je m'étais arrêté quelque part pour prendre une douche et me parfumer afin de ne pas avoir l'odeur de la femme sur moi, cependant ma peau était bien chaude et trahissait ma mauvaise action du soir. Mon sourire carnassier alors que je m'approchais du vampire aux cheveux blancs trahissait aussi mes envies. Il était occupé à manger ses biscuits ridiculement dégueulasse. Il me faisait pitié quand je le voyais ainsi. J'aurais tellement aimé qu'il soit un grand vampire fort et classe comme... Comme Raven. J'étais ivre, complètement ivre, j'avais encore bu de l'alcool sur le chemin du retour et sans même prévenir je me jetai sur lui et le plaquais à nouveau au sol, posant mes mains sur son torse, ayant un petit rire méchant. « T'es à moi ! » Je donnais un coup de langue sur ses lèvres et je plaquais mon bassin au sien en lâchant un soupir chaud, glissant ma main sous son haut pour effleurer sa peau gelée. Je baissais mon visage dans son cou et le mordillais légèrement avant d'y faire une petite entaille pour laper le sang qui en coulait avant qu'il ne cicatrise de lui même. Je fis la moue et déposais un baiser sur ses lèvres avant de lui donner un violent coup de poing dans le ventre. « POURQUOI !? Pourquoi... Pourquoi tu n'es pas un vrai vampire... ? » Je fis à nouveau une petite moue angélique, caressant son ventre en le maintenant au sol alors que mon bassin était toujours plaqué contre le sien, bougeant un peu de temps en temps. Je vint mordiller sa lèvre comme avant que je m'en aille et vint ensuite susurer à son oreille, mordillant un peu son lobe parfois. « ... Ne... T'enfuis plus jamais lorsque je suis au dessus de toi ainsi... Je suis sûr que tu aimerais la suite. »

Le passé me revint, lorsqu'il se glissait sous mes draps pour me câliner la nuit, ou encore quand il avait rapporté des chatons à notre demeure, lorsqu'il m'aidait à voler du sang dans la cuisine pendant que les domestiques avaient le dos tourné, lorsqu'il me caressait le corps pour que je me détende dans la baignoire, lorsqu'il déposait des baisers sur ma peau lorsque nous étions adolescents... Tous ces petits moments excitants de notre vie. Depuis toujours, nous nous sommes cherchés. « Je veux un chat. » Dis-je soudainement alors que je remuais le passé. Je déposais un autre baiser sur ses lèvres, caressant maintenant tendrement ses cheveux. Je frottais mon nez contre le sien, un petit sourire aux lèvres. « Tu as de la chance que je me sois nourris, sinon je serais encore en train de te frapper, tu le mérite, mauvais garçon, je devrais te donner des fessées...  » J'eus un petit gloussement et je roulais des yeux, glissant ma main le long de ses flancs. Cette douceur apparente cachait bien l'énervement qui brulait en moi.

_______________________


Merci Allan ♥

Iccs Vergan a écrit:
Cette douceur destructrice, cette violence de velours... Qui n'aurait pas eu peur, de ce calme qui ne cachait qu'une rage prête à exploser ?


Merci Marouane:
 
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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Lun 30 Jan - 16:17

Iccs, ouvre.

Quand il me dit ces mots, je sentis mon cœur en ma poitrine se figer puis avoir un unique battement, douloureux. Un battement forcé. Un battement tiré par la voix de Nar, la moindre de ses paroles étant comme une chaîne, un harpon qui se planterait en moi et me forcerait à venir à lui. Mais ma peur me retenait, paralysait mes membres comme un poison vicieux et glacé, mes muscles se tendant lentement jusqu'à en être terriblement crispés. Je fermais les yeux de toutes mes forces alors que je devais liguer ma volonté pour ne pas craquer, pour ne pas venir lui ouvrir. Oui, j'étais soumis. Soumis. Un terme bien péjoratif pour des sentiments que je considérais pourtant... Beaux. Je ne détestais pas Nar, loin de là. Je ne l'embêtais pas pour l'exaspérer ou lui pourrir la journée. Loin de là. J'essayais seulement.. D'attirer son attention. De le rappeler peut être à cette lointaine période où nous jouions ensembles, où nous passions de simples instants à refaire le monde l'un dans les bras de l'autre. À cette lointaine période où nous nous fichions de nos rangs, nous nous fichions de nos différences. À cette lointaine période où j'essuyais ses larmes, où nous oublions nos soucis d'un sourire. À cette lointaine période où il n'était pas question de soumission, de souffrance, mais seulement.. Seulement d'amour et de tendresse. Nos pères nous faisaient subir bien trop de violence pour que nous en usions entre nous. Mais depuis de longues années, tout a changé. Depuis ce jour où Nar a finalement accepté de suivre la voie de son père.

Pourtant, je me souvenais.

Je me souvenais de la douleur dans ses yeux peu après l'un de ses premiers meurtres. Quand il me fixait, terré dans la chambre, le corps de la demoiselle dans les bras, le visage couvert de sang, ses canines acérées encore ruisselantes de sang frais. Mais que ses yeux pleuraient. Pleuraient des larmes de sang sur son visage nacré. Oh oui, il aimait le sang. Mais il avait encore une part d'humanité à l'époque. Une toute petite part que seul moi peut être avait eu l'honneur et la chance de voir. Je m'étais alors approché et je l'avais pris dans mes bras. Je ne sais toujours pas si il a vraiment pleuré ce jour là, si il avait vraiment été peiné de ce crime qu'il venait de commettre. Quoi qu'il se soit passé, j'avais pu le garder dans mes bras. J'avais alors caressé ses cheveux, j'avais murmuré quelques broutilles rassurantes. J'avais laissé mes lèvres parcourir tendrement son front, le haut pointu de ses oreilles alors que je l'avais enfoui au creux de mon corps. J'avais toujours été là pour lui. Toujours là pour essuyer le sang qui coulait de ses plaies, toujours là pour recueillir les larmes qui s'échappaient de ses yeux, toujours là pour soulager sa douleur du mieux que je le pouvais. Avait il oublié ces temps où nous nous réconfortions l'un et l'autre ? Où il n'avait pas besoin de me frapper, de me menacer, pour que j'obéisse ? Je n'étais pas forcément devenu rebelle avec l'âge..Mais Nar avait changé.
Son ancienne douceur avait laissé place à une bestialité, une férocité effrayantes. Il avait emprunté le chemin de son père...Et risquait de finir comme lui. Mes mèches cachèrent mes yeux alors que j'eus envie de.. de quoi ? Pleurer ? Oui, j'allais encore faire mon faible, on allait encore se moquer. On allait encore me prendre pour un dégénéré vampire ou que sais je. Mais qu'il y a t'il de dégénéré à s'inquiéter pour quelqu'un qu'on aime ? Je savais que Nar n'avait pas le cœur mauvais, je savais que Nar n'était pas fait pour être le monstre qu'avait été son père... Mais je me retrouvais sans moyens pour l'empêcher d'aller sur cette voie.

J'étais maladroit. J'étais gamin. Peut être car j'esperais à ce que nous puissions retrouver notre ancienne complicité. Mais la page avait été tournée. J'étais un serviteur, j'étais un objet. Je ne devais pas ressentir, ou tout du moins, je ne devais pas déranger mon maître de mes sentiments ou de mes idées. Je devais disparaître, je devais veiller sur lui, je devais tout savoir de lui, au point de n'être qu'un simple agenda ou journal intime de Nar. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher, je pouvais pas m'empêcher de ressentir des choses quand chaque jour, chaque heure passée avec Nar, marquait mon être de détails plus ou moins utiles au sujet de mon Maître. Les heures de ses repas, les quantités de sang ingérées. Les appels qu'il recevait, les cours qu'il donnait. Ses cheveux qui s'allongent, ses sourires qui disparaissent, jusqu'à n'être plus que de rares joyaux qui éclairaient les longs fleuves de nos vies. Et moi, je ne pouvais rien y faire. Tout du moins, j'avais cette sensation désagréable d'être impuissant. Je sentais sa joie, sa vie couler entre mes doigts comme des grains de sable sans que je n'arrive à les retenir. Son cœur s'évanouissait. Ses yeux ne brillaient plus, si ce n'est quand la faim le possédait ou quand l'envie de me frapper devenait trop forte. J'essayais pourtant. J'essayais de lui faire retrouver le sourire, j'essayais... Mais je ne semblais être qu'un boulet, une fois de plus. Un boulet qui alourdissait ses journées, un boulet qui l'épuisait et l'exaspérait, sans jamais le ravir, le dérangeant même constamment.

Finalement, une larme coula le long de ma joue alors que je percevais le son du front de Nar frôlant le bois de la porte. Je redressais mes yeux bleus alors que l'eau de la douche coulait, recouvrant mon reniflement. J'étais inutile. Je ne servais pas même mon propre maître, je ne lui étais plus utile. J'étais sensible, bien trop pour un vampire. J'étais humain. Trop. On me le reprochait sans cesse. Mais que pouvais je contre ?
J'avais le cœur d'un humain mais la longévité d'un vampire. Et je ne savais pas si je résisterai longtemps. Je ne savais pas si j'allais garder cette humanité ou devenir l'être monstrueux qu'ont pu être nos parents. Je ne voulais pas de cette vie. Même si je paraissais faible, même si j'étais pitoyable, je voulais rester humain. Peut être car mon sang aurait pu enfin être chaud et plaire à mon Maître ? Oui. J'aurais aimé être humain, véritablement humain. J'aurais été utile à Nar, j'aurais au moins pu lui être un repas consistant.

Il m'annonça d'ailleurs qu'il se rendait en ville, en fin de compte. Surement pour assouvir sa rage sur une pauvre humaine qu'il saignerait pour en boire tout le sang. En serait il satisfait ? Oui, probablement. Mais cela ne le calmerait pas. Il reviendrait, tout aussi furieux. Si jamais il acceptait de revenir me voir. Peut être irait il plutôt en compagnie d'une élève, voire pire, au chevet de mon frère ? J'avais de toute façon la gorge trop nouée pour répondre. J'avais voulu essayer, mais seul un son douteux pu s'échapper de mes cordes vocales asséchées par mon souffle trop rapide. Alors je m'étais tû. Tû jusqu'à que la porte se ferme. J'allais alors me glisser sous l'eau brûlante, sans qu'elle n'apaise la morsure du froid en moi. Ce froid qui m'étouffait et m'étranglait quand Nar me laissait, quand Nar m'en voulait, quand je savais que j'allais être puni quoi que je fasse. Partir ? Non. Non, je ne partirais pas. Sinon, comment Nar pouvait avoir confiance en moi ? J'étais son serviteur. Je devais subir ses colères et assister à ses joies. Point. C'était pratiquement tout ce à quoi j'avais droit. Mais je ressentais des sensations qui m'étaient interdites. J'étais jaloux. Je pensais sans cesse aux joies qu'il connaissait avec d'autres.. Surtout des femmes. Et je maudissais une fois de plus ce que j'étais, tout ce que j'étais. La moindre parcelle, la moindre cellule de mon corps lui déplaisait. Je soupirais. J'avais envie de me tirer les cheveux, comme à chaque fois que tous ces sentiments me devenaient trop forts. Au lieu de ça, j'augmentais la température de l'eau jusqu'à qu'elle en vienne à me brûler.

Mais le froid ne partait pas, toujours pas.

Pouvais je à la fois être jaloux d'une demoiselle qu'il jetterait sitôt après l'avoir vidé de son sang ? J'avais au moins cette chance d'être toujours à ses côtés.. Quoi que, rien ne l'empêchait de m'exécuter quand il sera lassé de mon existence. Mon père, dès ma plus tendre enfance, avait convaincu mon frère et moi que certaines vies ne sont pas importantes. Il faut bien que des personnes disparaissent, qu'il y ait des faibles pour mourir, pour assurer la dynastie des forts. Et moi.. J'avais assez vite compris où était ma place.

Je sortis de la salle de bains et j'éteignais la télévision, dont l'écran était resté allumé. Restant dans mes vêtements trempés, n'ayant pas pensé à me déshabiller avant d'aller sous la douche, j'allais nettoyer les tâches de cassis au sol et ramasser les divers magazines qui trainaient au sol. Je me changeais rapidement pour une simple chemise blanche et un jean déchiré. J'allais ensuite chercher chez Alister une bouteille ou deux de sang pour le retour de Nar et je pris le temps de discuter avec lui en souriant et en riant, comme à mon habitude, pour qu'il ne se doute de rien. J'en fis de même à l'adresse d'Iris quand je revins sur mes pas. Elle me sermonna, me tira un peu les oreilles car je n'avais plus vraiment le temps d'aller la voir à l'infirmerie, et elle s'étonna des bouteilles que j'avais en main. Je répondis simplement que j'étais allé faire des courses et je trouvais une excuse sotte pour retourner à l'appartement et réparer mes autres bêtises.
Puis je tournai un peu en rond. Sans rien faire, sans rien toucher, si ce n'est marcher dans le salon, plongé dans cette pénombre qui m'inquiétait. Je pris un biscuit qui traînait sur la table du salon et le grignottait pour m'efforcer de me calmer. Nar allait il me laisser seul toute la soirée ? Dans quel état reviendrait il ? Allait il encore m'en vouloir ? La porte s'ouvrit alors. Lentement. Et je n'eus pas le temps d'ouvrir les lèvres que la voix de Nar perça déjà le silence.

Une voix menaçante. Une voix glaçante.
J'aurais peut être dû partir. J'avais déjà envie de lui demander pardon à genoux. Il me rappelait de plus en plus son père. Quand, ivre de sang, il nous faisait nous mettre à genoux pour giffler Nar, le couvrir de coups. Puis laisser mon père me punir. Mais c'était bien plus affreux de le voir souffrir devant moi... Je vis ses yeux brillants, d'une rage et d'une faim inquiétantes. Son sourire, carnassier, étirant ses lèvres en découvrant ses crocs qui n'allaient surement pas tarder à me déchirer. Il titubait. Malgré tout le parfum, les odeurs écœurantes des shampoings artificiels, je discernais sans mal les lourdes fragrances d'alcool et de sang mêlées. Je n'arrivais pas même à reculer, figé, avant qu'il ne se jette brusquement sur moi, m'arrachant un petit cri effrayé et douloureux quand mon dos heurta le carrelage du sol. Je voulus me redresser sur le coude mais ses mains se posèrent déjà sur mon torse, ses ongles agrippant ma chemise.
Il était brûlant. Il puait l'alcool et son corps se frottait à moi, me faisant frémir. Que dire de mes ressentis ? Un mélange d'excitation, de crainte, de plaisir me prit au creux des tripes en un cocktail paradoxal, me faisant légèrement trembler alors qu'il lécha mes lèvres et affirma sa possession sur moi. Je déglutis alors quelque peu et je fermais les yeux quand ses mains vinrent se glisser sous mon haut et que ses dents taquinèrent l'intérieur de ma gorge.

_ Ou..Oui.. à vous..., balbutiais je dans un réflexe alors que je sentais des picotements commencer à pianoter en mon bas ventre. À lui, oui, j'étais tout à lui..Il me mordilla dans le cou, m'arrachant une plainte de plaisir. Le rapide baiser qu'il déposa sur mes lèvres me soulagea de ma crainte et j'eus envie de lui en demander un second. De sentir ses lèvres douces appuyer délicatement sur les miennes, sentir nos souffles s'unir alors que, peut être, sa langue chaude pourrait venir se glisser entre la barrière glacée de mes lèvres...

Mais ce fut la douleur qui me frappa de plein fouet.

J'en eus le souffle coupé, me pliant maladroitement en deux au coup qu'il m'avait donné dans le ventre. Bien que j'étais habitué à me faire frapper, les coups de Nar restaient ceux qui m'étaient les plus difficiles à supporter, avec ceux de mon frère. Et il cria, quelque peu, ses mots durs contrastant avec sa brutale douceur quand il reprit ses caresses bien qu'il m'ait frappé violemment auparavant. Vampire. Ce sujet revenait toujours, aux lèvres de mon frère, aux lèvres de Nar, aux lèvres de tous les vampires. Pourquoi ? Pourquoi leur étais je différent ? Pourquoi n'étais je pas moi aussi capable de me nourrir convenablement de sang, pourquoi avais je des remords ? Pourquoi un vampire pouvait être humain ?...

..Pourquoi surtout devais je être une erreur ?

Ses lèvres taquinèrent les miennes, vinrent malmener mon lobe, un petit gémissement de plaisir s'échappant de mes lèvres qui n'attendaient qu'à se poser sur les siennes, pour me rassurer et le calmer. Mais je n'étais pas Maître, j'étais serviteur, je ne pouvais pas me permettre une telle offense...Je rougis à ses paroles, pensant à ce qu'il pourrait me faire, ainsi.. Et j'hésitais entre la joie et l'inquiétude. J'avais bien envie.. à ce que nous allions plus loin. Mais je savais que je n'allais pas supporter à ce qu'il me jette ensuite ou me frappe, ou pis encore, qu'il en vienne à me menacer pour que je lui accorde quelques gâteries... Gâteries que j'aurais pu lui accorder sans menaces.
Je l'aimais.

Tout comme j'aimais tellement ses mains chaudes qui venaient se glisser le long de mes abdominaux. Son aveu au sujet d'un possible chat me fit rire, rire que je m'efforçais d'étouffer. Il avait le don pour les déclarations soudaines qui cassaient tout et qui me faisaient toujours éclater de rire. Combien de fois avions nous pu être jetés de table par nos pères à cause de ça ? J'eus un sourire tendre à ce souvenir.

Et enfin, il posa ses lèvres sur les miennes. Son nez frotta contre le mien alors que ses mains vinrent caresser mes côtes, redressant mon haut. Je ne protestais pas mais je clignais des yeux à ses dernières paroles. Cette douceur destructrice, cette violence de velours... Qui n'aurait pas eu peur, de ce calme qui ne cachait qu'une rage prête à exploser ? Cette tendresse qui ne trahissait qu'une envie : me faire mal ? Je me mis à trembler et j'avalais péniblement ma salive, cherchant.. Cherchant je ne sais quoi, quelque chose pour m'en sortir, quelque chose pour le calmer. Et je repensais à ces instants que nous avions partagé enfants, ces moments doux... J'étais trop con, trop fleur bleue ou que sais je, j'étais juste con encore une fois, comme toujours. Pourquoi.. ?
_ Je ne fuirais plus.. Je ne fuirais plus..., fis je simplement pour le rassurer alors que je me mettais à trembler avec plus de forces, Je ne fuirais plus.
Je vins déposer mes lèvres sur les siennes puis l'embrassais sur la mâchoire dans un geste de dévotion, glissant prudemment ma langue sur ses canines pour avouer ma soumission et tenter de le calmer.
_ Je suis tout à vous.. Et oui, on aura un chat, même plusieurs si vous le souhaitez...

Pourquoi.. ?

_ Je...
Et mon cœur, qui s'efforçait de battre, craqua et s'accéléra brutalement. Se déchira. Les larmes vinrent net et se mirent à couler alors que j'avais un petit gémissement.
_ Me frappez pas.. je suis désolé, je suis désolé...
Et merde, fallait surtout pas que je chiale à ces instants ! Bordel de dieu, mais qu'est ce qu'il me prenait ?! À croire que je retombais en enfance, j'en avais assez je..
Je ne savais plus quoi faire.
Pourquoi.. ?
Pourquoi n'étais je donc pas un vrai vampire ?
Pourquoi, moi qui suis censé être mort... J'avais si mal au coeur quand Nar me traitait ainsi?
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Nar O'Shanahan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Mer 1 Fév - 16:28

Je crois qu'il avait peur de moi. Non je crois pas j'en suis sûr. Lorsque je m'énerve ainsi, il a toujours peur, j'y ai peut être été fort cette fois ci mais je n'en avais cure. Au contraire... Petit enfant roi, j'étais un capricieux, un vrai petit prince qui ne se prend pas pour de la merde et quand il veut quelque chose il l'a. Quand je veux quelque chose je l'ai. Quand quelque chose ne va pas dans mon sens je râle et je suis contrarié. Quand je suis contrarié je me fâche. Quand je me fâche je m'énerve. Si je m'énerve je crie. Si je crie il faut que je frappe. Si je frappe c'est forcément Iccs... Pourquoi lui ? Parce que je sais que lui je ne le perdrais jamais. J'avais trop confiance en notre relation. J'étais persuadé que quoi que je fasse il sera toujours là, je pouvais lui briser le cœur, je pouvais casser tous ses espoirs en une vie idéale et il sera toujours là, m'accompagnant dans mon interminable vie. Tous les héros ont des acolytes. Il était le mien. Il m'était ce qu'était Alfred Pennyworth était à Batman. Le majordome caché dans l'ombre. Je ne sais pas si Bruce Wayne faisait subir à Alfred tout ce que je fais subir à Iccs mais dans tous les cas, mon Iccs était, est, et sera toujours là pour moi. C'est un fait indéniable. Dès que j'allais mal il fallait que j'affirme ma domination sur lui, que je renforce mon emprise sur son âme. Si l'on peut considérer que nous les vampires disposions d'une âme.

Il était mon pion, ma chose, ma douce petite chose que j'aimais combler de bonheur autant que j'adorais triturer avec ses propres malheurs, adorant voir cette lueur effrayée dans le regard. C'était jouissif. Rien que le cri effrayé et douloureux qu'il eut lorsque je le plaquais avec violence au sol m'arrachait un petit rire moqueur, j'aimais ces bruits, j'aimais quand Iccs souffrait. Bon sang. Il eut un petit mouvement de protestation que je faisais cesser en m'agrippant à lui, le maintenant au sol solidement. Je le troublais totalement, je le sentais et j'adorais ça, créer le paradoxe de ses sentiments, au bout de tous ces siècles, je le connaissais par cœur... Et s'en était de même pour lui, il savait très bien comment j'étais. J'étais excité, énervé, en colère, j'avais soif de violence, j'avais soif de son corps, j'avais soif de sa présence. J'avais soif de lui. J'étais heureux qu'il réponde à la positive à ma démarche pour lui rappeler une énième fois qu'il était à moi et ce pour toujours, j'avais besoin d'être sans cesse rassuré, j'avais besoin de m'assurer qu'il serait toujours là quand je rentrerais, qu'il ne me laisserait pas dans ma solitude. Je ne voulais pas être seul... Je voulais qu'il soit toujours là. Je... « Chh.... Chhht mon petit ange... » Dis-je en caressant sa joue, puis son ventre pour calmer la douleur qui venait de lui prendre le ventre. J'aimais tellement le frapper je n'avais pas eus le choix, ça partait tout seul. J'avais tellement aimé ce petit gémissement de plaisir qu'il avait eut lorsque je m'étais montré doux avec lui que je n'avais pas pu empêché le coup. Fou ? Je l'étais peut être... J'étais ivre.. Je voulais être ivre de lui.

Je restais contre lui, mes lèvres parcourant sa peau avec lenteur, humant son odeur qui me plaisait tant. Je le laissais faire, entre-ouvrant mes lèvres pour laisser la place à sa langue de venir caresser mes canines. J'adorais sa dévotion et un petit sourire vint éclairer mon visage. Un sourire pour une fois sincère et heureux. Je baissais les yeux vers lui, fronçant soudainement les sourcils, je sentais sous ma main posée sur son torse froid des pulsations étranges. Le cœur d'un vampire ne peut pas battre, mais lorsqu'il y a un surplus d'émotions ce qui fait accélérer le rythme sanguin dans notre corps il arrive que notre cœur émet un battement nous faisant affreusement souffrir. Cela ne m'était arrivé qu'une seule fois et cela avait été tellement douloureux que je ne voulais plus jamais réitérer l'expérience. Mais là, là le cœur de Iccs battait. Et cela me fit grogner. Je ne l'aimais pas parce qu'il ressemblait à un humain, je l'aimais en tant que vampire ! Mais il semblait tellement perdu et effrayé que je n'eus pas le courage de le frapper à nouveau, cela n'aurait fait qu'empirer les battements de son cœur. J'approchais mon visage du sien, déposant plusieurs baisers sur ses lèvres pour le calmer et mon pouce vint essuyer ses larmes. « Je veux qu'il soit blanc... » Dis-je contre ses lèvres. Je marquais un temps d'arrêt, le regardant droit dans les yeux. « ... Le chat. » J'étais content, on allait avoir un chat et la blancheur me rappellerait celle des cheveux des jumeaux. Mes deux jumeaux adorés. Bien qu'avec Raven ce soit une autre histoire.

Je me redressais finalement et j'eus un petit sourire en coin en regardant Iccs au sol. Je me mordais la lèvre en le contemplant, lui faisant signe de ne pas bouger, juste le regarder comme ça, au sol, sous moi. Je devais être bizarre mais il me plaisait tellement comme ça. Je me penchais alors vers lui et je laissais glisser une main le long de son corps pour la passer sous ses cuisses, alors que l'autre se plaçais dans son dos. Je le soulevais sans aucun mal, un peu comme une mariée. Je plantais mon regard dans le sien, intensément et je commençais à marcher vers ma chambre, je connaissais le chemin de l'appartement par cœur, je n'avais plus même besoin de regarder où j'allais. Ainsi je ne rompais pas ce contact visuel que j'étais en train d'établir, et je lui fis un petit sourire rassurant. Je le voulais pour moi tout seul, et même si je passais de la violence à l'amour, je m'en fichais, c'était à lui de savoir vivre avec ça, pas moi.

Une fois dans la chambre, je fermais la porte avec mon talon et je le déposais sur le lit, revenant me placer au dessus de lui. Je collais à nouveau mon corps au sien après avoir retiré son haut. Je déposais un baiser sur son torse dénudé puis je remontais dans son cou, mes lèvres et mon souffle chaud parcourant sa peau, mes crocs la frôlant parfois avant que mes lèvres ne vinrent retrouver les siennes. Je le désirais, j'étais un peu calmé mais pour combien de temps ? Je l'embrassais longuement, ma langue se glissant lentement entre ses lèvres pour venir chercher la sienne, rendant ainsi le baiser plus langoureux. Je n'avais plus besoin de parler, il savait ce qui se passait. Je n'avais plus besoin de forcer... Il était consentant. Mes mains caressaient ses flancs et ma langue entamait une danse fougueuse avec la sienne, ne me séparant plus de ses lèvres, mes mains se crispant un peu contre ses hanches alors que je plaquais mon bassin au sien dans un gémissement heureux. « ... Iccs...  » fut le seul mot que je prononçais en me séparant finalement de ses lèvres, venant lui caresser la joue doucement, tendrement avant que je ne retire mon propre haut pour coller ma chaleur temporaire à sa froideur presque éternelle. Je l'avoue, j'avais envie de lui, j'avais envie de mordre chaque parcelle de son corps, j'avais envie de caresser son corps, j'avais envie de voir sa peau bleuir sous mes lèvres, j'avais envie... J'avais envie. Cependant je n'agissais pas maintenant, je voulais ses réactions...

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Iccs Vergan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Jeu 2 Fév - 20:14

J'aurais dû être habitué.

J'aurais dû être habitué aux explosions de rage, aux brusques accès de violence à mon sujet. J'aurais dû être habitué à ce que l'on me frappe, me maltraite comme le chien le plus couvert de vermines. Et pourtant, je n'y parvenais pas. Mon corps tremblait, se tendait, se préparait, mais mon esprit restait en alerte, mes pensées restaient groggy, comme si chacun de ces coups était le premier qu'il aurait pu me porter. Me rebeller ? L'idée ne venait pas même me frôler l'esprit. La rébellion sous entendait user de la force, et je me voyais mal me montrer violent à l'adresse de Nar. Et cela, j'en étais incapable. La brutalité me répugnait, plus encore quand je devais l'employer à l'adresse de personnes qui m'étaient chères. Je pensais sans cesse au corps fragile qu'avait mon Maître enfant, ce corps fragile dont la peau blanche, la peau de neige, était lacérée par les coups de fouet ou bleuie à cause de son père. Je ne me pardonnerai jamais de marquer sa chair immaculée. Elle avait déjà bien trop saigné devant mes yeux...Mais Nar avait l'habitude de mes larmes. Enfant, je ne faisais que rire et chouiner. Maintenant, je versais un peu moins de larmes... Cependant, Nar ne semblait pas se lasser, lui. Il aimait me marquer. Il aimait exprimer sa domination. Comme pour se rassurer. Comme pour se rassurer, comme toutes ces fois où il craignait que je ne l'abandonne ou que sais je. L'une des pires punitions qu'il m'a fait subir a été après la mort d'Elisabeth. Une punition telle qu'il n'arrivait plus même vraiment à tourner les yeux vers moi et qu'il m'avait ordonné de partir, de fuir, loin, très loin de lui, et ne plus revenir. Paradoxal, vous dîtes vous ? Il avait peur que je le délaisse mais il m'ordonnait de partir ? Sa peine était seulement trop importante pour qu'il arrive à supporter une présence près de lui, même si ladite présence n'aurait souhaité que son bien. Il avait déjà du mal à porter sa propre vie, alors subir en plus le poids d'une compagnie... Et il s'agissait d'un autre test pour s'assurer que, malgré la distance, je ne l'abandonnerai pas.

Et je ne l'ai pas abandonné.

Malgré tout ce qu'il a pu me faire, malgré tout ce qui a pu se passer, je suis toujours resté auprès de lui. On pourrait penser que les années nous poussent à se lasser l'un de l'autre, mais j'avais l'impression que Nar changeait à chaque seconde. Je ne me lassais pas de lui, je ne cessais de le découvrir et le redécouvrir, bien que je le connaisse assez pour savoir quand il allait mal, pour déduire ce comment je devais agir pour l'aider. Ainsi on devait être à une période proche de l'anniversaire de la mort d'Elisabeth, pour qu'il se montre aussi violent. Il avait besoin de se défouler, de déverser sa rage, cette rage de l'impuissance, toute cette rancoeur et ce malheur qu'il ruminait quand il n'arrivait pas à dormir. Déverser tout ça sur un élève ? Hors de question. Il le tuerait. Moi, non. Et il le savait. Il pouvait y aller de tout cœur, de tout corps, je ne crèverai pas. Alors pourquoi se priver ? À présent que je faisais l'effort de réfléchir un peu, il est vrai qu'on pouvait s'étonner de ma survie. Petit, mon père et mon frère me frappaient. Parfois aussi, le père de Nar s'y mettait. Puis les autres vampires. Les humains aussi. Et Nar. Mais les marques disparaissaient, mon sourire ne s'évanouissait pas. Et mon cœur continuait à battre.

Oui, à battre.

J'étais censé être mort, aucun de mes organes vitaux ne devaient fonctionner. Et pourtant, il arrivait à mon palpitant de s'emballer. Quand Nar me regardait, quand Raven me frôlait... La pompe organique s'actionnait. Je m'étais habitué à la douleur, aux tiraillements de ce muscle malheureusement bien trop souvent sec, des crampes qui me déchiraient parfois la poitrine au point où je m'effondrais à genoux en lacérant ma peau, en priant pour que ce cœur s'arrête une fois pour toute ou se mettre à battre, mais non plus à hésiter entre l'immobilité et l'agitation. Mon cœur eut un battement plus violent quand les doigts brûlants de Nar vinrent caresser ma joue alors qu'il cherchait à m'apaiser par un murmure doucereux, un surnom rempli d'amour qui réconforta quelque peu mon inquiétude. Ou l'exacerber davantage. Je me doutais bien qu'il n'était pas calmé, loin de là. Je sentais ce désir qui enflammait son sang, cette envie de me faire mal. Ce besoin de déchirer ma peau, d'y apposer sa marque, à coups de crocs, de griffes, de poings. J'étais à lui et il comptait bien nous le rappeler à tous deux. Cette douceur ne servait qu'à masquer la violence bestiale qu'il allait libérer d'un instant à l'autre, j'en aurais mis ma main à couper. Ses doigts vinrent se déposer sur mes abdominaux, comme pour en exorciser la douleur qu'il m'avait lui même infligé. J'avais planté mes yeux clairs dans les siens alors que je sentais mon souffle s'accélérer, se figer soudainement, pour reprendre avec plus de difficultés.

Ses lèvres parcoururent ma peau et j'eus l'impression d'effleurer des pétales de fleurs. Je fermais les yeux à mon tour pour mieux savourer la pulpe de ses lèvres qui caressait mon épiderme sans jamais appuyer, à mon grand malheur. Ma langue glacée vint se faufiler le long de ses canines pointues. Nos canines sont des parties bien sensibles, mais rares sont ceux qui le savent. Je posais alors une main sur son torse, l'autre caressant sa main et remontant le long de son bras pour se perdre dans sa chevelure alors que je m'écartais quelque peu de ses lèvres pour forcer ma respiration à se ralentir. Je remarquai alors qu'il fronçait les sourcils en percevant mon rythme cardiaque, ayant même un grondement de mécontentement. Je détournai légèrement les yeux alors que j'avalai ma salive, m'attendant à ce qu'il me frappe. Je savais que chaque indice d'humanité en moi l'agaçait, tout comme cela énervait mon frère. Un énervement qui finissait toujours par s'abattre sur moi. Pourtant cela ne convainquait pas mon cœur de se figer, bien que je prie de tout mon cœur pour qu'il reste parfois sagement immobile au fond de ma cage thoracique. Mais les lèvres de Nar se déposèrent délicatement sur mon visage. Ses doigts essuyèrent mes larmes alors que ma respiration s'apaisait et que je me figeai comme un chien qu'on câline. Chaque baiser était comme une gorgée d'eau pour un assoiffé, sauf que mon cœur sec manquait terriblement d'affection. J'aimais aussi ces instants doux précédant ou suivant ces moments de violence qu'avaient parfois Nar. Sa tendresse était alors plus belle et agréable que jamais...

J'entendis à peine le murmure qu'il souffla sur mes lèvres. Emporté par cette passion, ce poison qu'il transmettait en moi rien que lorsque son souffle frôlait ma peau, je posais chastement mes lèvres sur les siennes mais laissais le baiser s'étirer un peu dans le temps. J'avais tant besoin de ça, j'avais tant besoin de lui.. Au point où je devenais dépendant de ses coups, de ses crises, de ses larmes, de ses sourires, je me nourrissais du moindre de ses souffles ou soupirs. Nar, mon Maître, Nar et Raven, les seuls qui devaient avoir de l'importance dans mon existence. Nar m'avait permis de vivre, Nar m'avait donné ce droit alors que tous souhaitaient ma mort... Alors ma vie devait lui appartenir. Il pouvait cracher dessus, la mépriser, au moins elle avait le droit d'exister. Je restais sagement allongé alors qu'il se redressa un peu pour me fixer de ses yeux sombres, m'écraser de ses prunelles lourdes d' appétit, de rage mais aussi de douceur mêlés en un mixte particulier et difficilement compréhensible. L'alcool ne devait pas aider. Le regard qu'à un lion sur sa proie, hésitant à l'épargner ou à l'éliminer. Un regard dominant, qui me faisait bien comprendre que ma vie ne tenait qu'à un fil.. Celui de son cœur. Celui qu'il pouvait couper pour un petit caprice. Sa main se glissa le long de mon corps, serpent sournois, elle vint même se faufiler sous moi.. Serpent tentateur, serpent qui avait donné la pomme, voici qu'il venait m'emporter et m'entourer de ses anneaux. Je dus ouvrir les yeux et le fixer. Il en devenait maître de mon corps. Ma chair obéissait à la moindre de ses intonations, au moindre de ses gestes. J'avais appris à le connaître, j'avais appris à déduire le moindre de ses désirs et à le combler. Je laissais mes prunelles disparaître, se noyer dans le puits de ses yeux, un regard qui me glaça tout l'intérieur mais qui me fit pourtant légèrement frémir. Un froid si glacé qu'il m'en brûlait le ventre et pas seulement...

Il pouvait lire en moi tout comme j'arrivais sans aucune difficulté à sentir les remous de son âme, une âme ballotée par le malheur, cette bestialité qui hante chaque vampire, et pourtant, un cœur que je savais bon, un cœur seulement lacéré par la vie, cette trop longue vie que nous possédions. Cette trop longue vie remplie par de trop nombreux malheurs, des peines qu'aucun humain ne pourrait jamais supporter. Le cœur des humains s'use et s'arrête, cessant leur souffrance. Notre cœur ne bat plus, nos douleurs sont éternelles, sans que nous puissions espérer y échapper. Je levais une main que je déposais sur la joue de Nar, comme pour renforcer ce contact visuel que nous entretenions. Une caresse du bout des prunelles, des mots tendres silencieusement prononcés, mais je savais bien que cela ne suffirait pas à l'apaiser. Mes doigts vinrent s'échapper dans ses mèches sombres alors que je ne me dégageai aucunement de ce regard perçant qu'il m'accordait. Les Maîtres peuvent lire les pensées de leurs serviteurs, dit on. Je ne savais pas si cela était vrai, mais j'étais sûr d'une chose. Nar pouvait deviner sans mal ce que je ressentais, ce que je vivais. Je ne lui cachais que très peu de choses, et il parvenait toujours à les dénicher. Le fait qu'il boive mon sang l'aidait assez à cette tâche, tout comme cette promiscuité et complicité que nous entretenions. Oui, complicité. Malgré ce rapport de domination, malgré le sang et les larmes que j'ai pû verser mais qui n'ont aidé qu'à coaguler notre relation, à la raffermir.

Je clignai des prunelles quand il me déposa doucement sur sa couverture. Nous étions déjà dans la chambre ? Surpris quelques secondes, je redressai le nez vers lui alors que mon cœur s'accélérait, m'arrachant une grimace et un gémissement doucement plaintif. Il retira alors ma chemise, peut être pour me soulager de mon mal.. ? Ou au contraire l'aggraver ? Je retins nerveusement ma respiration avant de fermer les yeux quand ses lèvres se déposèrent sur mon cœur puis remontèrent lentement le long de mon cou. J'avais alors le réflexe de redresser un peu la tête, lui offrant docilement ma trachée et mes veines dans un geste de soumission, gémissant un peu quand ses canines terriblement aiguisées pincèrent quelque peu ma peau, suffisant à la faire rougir. Le bout taquin de sa langue brûlante venait parfois me chatouiller, mais il se redressa jusqu'à que nos lèvres se joignent.

Boum.

Nouveau battement douloureux. Cela allait faire une éternité que mon cœur n'avait pas battu aussi fort. La douleur fut à la hauteur du plaisir que je ressentis quand le muscle chaud de sa langue vint chercher son semblable. Il était brûlant, d'une chaleur telle que j'avais la sensation de fondre. Mes lèvres s'ouvrirent pour lui laisser libre passage alors que ma langue glacée, tel un serpent frigorifié, se frotta timidement à la sienne, se noua finalement à sa sœur, avide de chaleur, avide de la posséder, avide de contact. Voilà ce qu'était l'amour avec Nar. Une ivresse passionné, une volonté de posséder et de détruire à la fois, une envie de construire mais pour mieux exterminer. Le plaisir laissait souvent place à la douleur, la douceur n'était que masque à la violence, tout comme la brutalité ne dissimulait que mieux sa fragilité. Oh Nar... Si tu savais comme je t'aimais. Comment pouvais je me lasser de lui ? Comment pouvais je me lasser d'un tel torrent de sentiments, de sensations, de réactions ? Il était peut être mort mais pourtant, comme son esprit semblait vivant, toujours agité, toujours parcouru de flots de souvenirs ou d'impressions, de désirs et de rêves, de malheurs et de joies. J'avais tant à découvrir de lui, j'aimais tellement explorer sa moindre parcelle, me jeter dans la moindre obscurité de son âme, quitte à me faire dévorer par le Loup qu'il pouvait être parfois. Le baiser se fit plus poussé, plus passionné. Je frémis quand son corps se plaqua doucement contre le mien alors que j'écartais et relevais quelque peu les jambes pour l'accueillir tout contre moi, me redressant sur les coudes alors que je prenais l'une de ses mains, nouant ses doigts aux miens. Mais elle se détacha, ses doigts coururent le long de mes flancs, s'agrippèrent aux os de mes hanches, les emprisonnant impitoyablement. Il aurait été capable de me les briser, surtout après tout le sang qu'il avait dû boire, vu sa température importante, et je sentis d'ailleurs une légère inquiétude me serrer le cœur, inquiétude qui disparut bien vite, dévorée par le baiser de Nar. Il murmura mon nom, me faisant gémir d'envie. Sa chaleur me donnait soif, si soif...mais non, je devais me maîtriser. Avec un peu de chance, il finirait par avoir pitié et m'offrirait son sang une fois de plus.

Nar retira alors son haut et je pus contempler tout à loisir sa peau nacrée et les muscles fins qui se dessinaient sous cette neige opalescente qu'était son derme. Je me redressai pour glisser mes doigts le long de ses pectoraux, redessinant ses abdominaux alors que je glissais l'extremité de ma langue le long de l'un de ses tétons sur lequel je déposais un baiser délicatement appuyé. Il était si chaud.. une chaleur qui me faisait perdre la tête, qui allait me rendre complètement fou d'ici quelques heures. En fait, qu'il soit glacé ou brûlant, son corps suffisait à me faire perdre la tête. Je savais ce dont il avait envie, quel désir brûlait en lui. Et je me surprenais à vouloir la même chose.

Mords moi, déchire moi, dévore moi. Possède moi. Je veux être tout à toi, je veux être en toi, je veux disparaître en toi. Torrent de passion qui va nous conduire droit en enfer, un enfer brûlant de passions et de désirs qu'on ne pourra pas assouvir en un soir, qu'on n'a pas pu assouvir en deux siècles, mais qui nous envoient pourtant au 7ème ciel. Ça a été parfois douloureux, et alors ? Cela nous donne l'illusion de vivre.
Marque moi tout entier, prends mon corps, il est tout à toi, entièrement à toi. Étrangle mes idées, enchaîne moi à ton cœur, je te donne ma liberté, je te donne ma vie, je te donne tout, tout ce que tu veux... Tout ce que tu veux, Nar.
Laisse moi être ton serviteur jusqu'au bout. Laisse moi te combler jusqu'à qu'enfin tu te lasses et tu me jettes.
Voici ce qu'est ma vie, voici ce qu'elle aura toujours été.

Elle t'aura toujours été dédiée.


Mes yeux le criaient alors que mes lèvres cherchaient sa peau, que mes petites canines s'étiraient timidement alors que mes ongles ne demandaient qu'à s'aggriper, qu'à lacérer sa peau pour que je puisse me glisser en lui, mêler son sang au mien, me fondre en lui. Disparaître dans sa chaleur, fondre dans la lave en fusion de sa passion mêlée à la rage.
_ Aime moi... Aime moi Nar.
Ce fut tout ce que je parvins à murmurer, à supplier contre sa peau, cette peau que je couvrais de baisers alors que j'emprisonnais l'un de ses tétons entre mes lèvres, téton que je pinçais et mordillais du bout de mes canines.
_ Aah.. Aime moi.


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Nar O'Shanahan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Sam 3 Mar - 16:30


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MessageSujet: Re: Let's rock ! Lun 5 Mar - 12:24

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MessageSujet: Re: Let's rock ! Sam 17 Mar - 16:54


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MessageSujet: Re: Let's rock ! Lun 26 Mar - 13:08

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MessageSujet: Re: Let's rock ! Mer 4 Avr - 15:11

    J'ouvris la bouche, mes crocs déjà agrandis ne tardèrent pas à percer sa peau fragile. Le sang coulant entre mes lèvres que je buvais avidement, les yeux clos, le souffle encore bruyant. Je ne bougeais plus, je le laissais me nourrir comme les empereurs romains avec une grappe de raisin. Sauf que là c'était pas une grappe de raisin mais son poignet, appuyé contre mes lèvres. Il n'avait eut que ce qu'il méritait, il m'avait énervé, je m'étais défoulé sur lui. Et puis c'est tout. Certes ce genre punition n'en était pas vraiment une mais maintenant, j'allais me désintéresser totalement de lui et continuer ma journée/nuit, je ne savais même plus quelle heure il était avec tout ça, sans me préoccuper de lui. Ça lui apprendra à faire que des bêtises et à tout faire pour me mettre hors de moi, à croire qu'il aime être battu. J'avais certes, laissé ma tendresse transparaitre quelques secondes auparavant mais maintenant, c'était fini, je buvais son sang encore un long moment avant de virer son poignet de ma bouche, ce dernier ayant une magnifique trace en croissant de lune. Puis je me léchais les lèvres et je me retournais sur les flancs, la tête contre l'oreiller, toujours les yeux clos. S'il voulut s'approcher de moi, je le feintais aisément en m'enroulant dans les draps tel un petit nem asiatique. J'eus un sourire narquois en imaginant son désarroi d'être aussitôt oublié.

    Iccs était du genre très attachant et très collant. Je savais qu'un simple sourire, une simple caresse de ma part ou de cette de Raven -plus rares- le rendrait heureux pour la journée. Il lui en fallait peu, juste montrer qu'on tenait à lui, qu'on l'appréciait et que ce soit sincère. Et j'avais été sincère avec lui, cependant il ne fallait pas trop m'en demander, j'aimais être tranquille après l'amour, je n'étais pas pour se câliner des heures durant et recommencer à forniquer toute la nuit. A la base, je voulais le punir et le battre, ça a juste quelque peu dérapé. Mais maintenant, je lui tournais le dos et rien ne me ferait changer d'avis sur l'idée que j'avais en tête afin de le punir. Je savais combien il aimait la tendresse et il aimait que je le câline après l'amour, que je m'occupe de lui et que je lui souffle des niaiseries à l'oreille entre deux baisers. Et parfois, il arrivait que je le fasse. Mais pas ce soir, ce soir je faisais ce que je voulais et je me délectais d'avance de la voix triste que j'entendrais dans mon dos lorsque je lui aurais dis de s'en aller. Et c'est ce que je fis.

    Bonne nuit Iccs. Retourne dans ta chambre maintenant.

    Je ne dis rien d'autre, aucune autre parole n'était nécessaire maintenant. J'avais parlé d'un ton autoritaire et assez sec. Cela voulait dire que c'était un ordre et qu'il était incontestable, je ne reviendrais pas sur ma décision. Gardant les yeux clos, et le souffle à présent ralentit, mon corps de nouveau glacé, j'attendais que le silence règne totalement, réduisant mes actions pour paraître comme totalement mort, endormi, juste une illusion. Je surveillais encore Iccs. Parfois, s'il était trop triste du traitement que je lui infligeait il arrivait qu'il fasse encore plus de bêtises qu'à la normale. Alors il était de mon devoir de me lever et d'aller me glisser dans son dos pour déposer un baiser sur sa nuque ou sur son front avant de repartir me coucher. Un rituel qui montrait que je l'aimais toujours autant mais que j'avais juste besoin d'être seul.

    Contrairement à toutes les femmes que j'avais pu fréquenter plus ou moins longtemps, Iccs lui, avait toujours compris mes besoins et mes envies bizarre parfois de violence ou ce besoin d'être seul d'un moment à l'autre. J'aimais ma solitude et beaucoup de mes conquêtes n'ont pas supporté que je les repousse vulgairement et que je les traite mal. La seule ayant pu m'imposer le respect de sa personne était Elizabeth, mais même elle respectait mon intimité et mon autorité bien qu'elle soit la première à se moquer de moi avec Iccs... Ah ma belle Elizabeth... J'aurais dû vous transformer et vous faire mienne tant qu'il était encore temps. J'ouvris les yeux, je ne savais même plus si Iccs était déjà sortit ou non mais mon regard se posa sur le tableau de la blonde qui était accroché sur le mur en face de moi. Je le faisais restaurer depuis des siècles et je faisais attention à ce que le portrait soit le plus ressemblant possible. Le temps est mon ennemi, j'avais tellement peur de l'oublier. Pourquoi est-ce que dans ces moments si beaux le passé revient-il me hanter ? Je me levais alors machinalement sans voir où j'allais, je pris le tableau et je l'enfermais dans la grosse malle de la salle qui nous servait de bureau à Iccs et moi, là où s'entassaient nos souvenirs du passé que nous ne voulions pas abandonner. Je retournais ensuite à ma chambre, et je m'enfilais sous la couette pour finalement trouver le sommeil.... Enfin.

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MessageSujet: Re: Let's rock ! Jeu 12 Avr - 3:37

Ses canines aiguisées percèrent sans mal mon derme. J'avais pu sentir distinctement leur pression sur ma peau, peau qui s'ouvrit lentement, ouvrant la porte à ma vie, à ce sang qui coulait en moi, ce sang si précieux que jamais personne n'avait bu sauf Nar et mon frère. Ce sang où brulaient tous mes sentiments, où coulaient mes pensées, où pulsaient mes sentiments et mes sensations. Les Maîtres s'abreuvaient du sang de leurs serviteurs pour justement lire en eux et s'assurer que leur dévotion était fidèle et sans aucunes failles. Le mien.. tous les vampires fronçaient le nez, on me disait avoir mauvais goût.. Mais Nar et Raven pouvaient témoigner du contraire. Si je pensais à m'abreuver, mon sang dépassait de loin, tant en valeur qu'en goûts, celui de bien nombreux nobles...Nar buvait d'ailleurs avidement, comme si il n'eut pas assez bu de sang durant la soirée. Chacune de ses déglutitions me fatiguait davantage, je sentais toute mon énergie s'en aller pour disparaître en lui, de même que mes pensées.. C'était comme un lavage de cerveau. Il fallait dire aussi que j'étais épuisé à cet instant, soudainement, et que je ne lui offrais plus aucune résistance, lui donnant tout ce qu'il restait de moi. J'aimais cette sensation de disparaître, de mourir. De m'être offert à lui, tout entier, jusqu'à que mon être soit effacé. Il se reposait, reprenait des forces, majestueusement allongé, se nourrissant littéralement de moi. Fauve terrible, fauve implacable qui, en plus d'avoir dévoré mon cœur et ma vie, me dévorait littéralement.

Puis je dus le lasser. Il écarta sa tête, repus, et s’emmitoufla dans les couvertures alors que j'avais souhaité m'étendre auprès de lui, haletant sous l'épuisement. Mon cœur battait faiblement, péniblement, la tête me tournait et la Soif revenait me brûler la gorge. Mais je ne voulais pas mordre mon Maître. Je voulais seulement.. m'allonger près de lui et me reposer. Me laisser bercer par son souffle, me détendre en m'oubliant dans son odeur, m'y noyer et perdre conscience, m'écrouler non pas dans les bras de Morphée, mais dans ses bras à lui...Je n'en pouvais plus, j'avais eu trop d'émotions en à peine quelques heures. Certains auraient ris en m'entendant, m'auraient sifflé que je me faisais vieux ou autre..Mais personne ne pouvait soupçonner avec quelle intensité mes émotions me frappaient quand j'étais avec Nar, quand je m'unissais à lui. C'était un vrai torrent, un tsunami, un ouragan qui nous dévastait, nous épuisait tous les deux. Des sensations si fortes, si puissantes qu'elles balayaient toute notre énergie vitale, qu'elle nous laissait comme deux agonisants privés de leurs forces. C'était passionnel, si passionnel qu'aucun mortel n'aurait pu tenir bon durant l'un de nos ébats.. Je restais quelques secondes sans comprendre le refus et le rejet de mon Maître, je pensais à une simple blague, alors je m'apprêtais à m'allonger contre lui, à le prendre contre moi. À le réfugier contre mon corps, à l'embrasser et le regarder s'endormir pour veiller sur son sommeil et lutter contre le mien. À prendre soin de lui, soin de cette perle si précieuse qu'il était à mes yeux.

Mais sa phrase finit de me glacer.
Mon cœur en vint même à s'arrêter de battre, quelques secondes. Partir. Il m'ordonnait de m'en aller, de le laisser. J'avais satisfait ses besoins, je lui étais inutile. J'étais juste.. quelque chose qui l'aidait à se défouler, j'étais juste un objet qu'il prenait et jetait à sa guise. Qu'est ce que je m'imaginais ? Qu'osais je croire ? Allons, il devait rire de ma bêtise, s'amuser de ma stupidité, se moquer de ma naïveté... Comme tous le faisaient. J'étais con. J'étais con de croire qu'il m'aimait. Je lui servais seulement de bouche trou, de réserve de sang, de corps à posséder pour combler ses besoins les plus bestiaux. Le respect ? Il le donnait à ses conquêtes féminines. Idem pour sa tendresse. J'étais un homme, son serviteur en plus de ça. Jamais je ne serais digne de son amour, jamais il ne me le donnerait. J'étais juste une personne stable sur laquelle il pouvait compter, et il en abusait. Il allait voire à droite et à gauche, sans cesse. M'humiliant chaque fois un peu plus, me blessant chaque fois un peu plus. Et quand on le lâchait ou quand la situation allait à son désavantage, il revenait me voir, quémandait ou exigeait du réconfort, pour mieux me balancer après. Si seulement il pouvait cesser de se jouer de moi, si seulement il pouvait arrêter de me traiter.. comme la pire des vermines alors que j'étais le seul à lui dévouer ma vie, mon existence entière, le seul à l'aimer corps et âme, le seul à tout vouloir lui donner. Le seul à l'aimer. Vraiment.

À l'aimer même pour ces saloperies qu'il me fait.

L'aimer malgré toute la souffrance qu'il m'inflige.

L'aimer, encore et toujours. Il le savait et s'en servait comme moyen de torture. Aurait il oublié ce que cela fait, d'aimer ? Le temps avec Elizabeth, sa première femme, est il donc si éloigné pour qu'il se permette ainsi de jouer avec la pureté de ce sentiment qu'est l'amour ? Non.. Il faut que j'arrête de penser à elle. Elle, Nar l'aimait vraiment. Elle était l'amour de sa vie. Moi, de sa mort. Jamais je n'aurais droit à un tel amour, jamais je ne pouvais même espérer en avoir un de tel...

_ Bien, Maître. Dormez bien.

Et malgré tout ça, je ne criais pas, je ne pleurais pas. Je respectais sa volonté. Je ne lui avais jamais rien imposé, et je le connaissais mieux que quiconque, je savais qu'il s'agissait d'un test. Mépriser l'autre, lui infliger les pires humiliations ou saloperies pour savoir si la personne resterait auprès de lui. Peut être aurais je dû me rebeller au lieu de courber l'échine ? Mais non. Je tenais à lui et je savais qu'il avait besoin d'intimité parfois, qu'il était comme un animal farouche et qu'il avait besoin de retrouver sa solitude. J'aurais aimé.. avoir un dernier baiser.
Ce fameux baiser qu'il déposait sur mon front, tous les soirs depuis 221 ans. Ce baiser intime qu'il n'accordait qu'à moi pour chasser toutes mes peurs, mes angoisses et autres sensations inconfortables, ce baiser qui me plongeait dans une douce sérénité et emplissait mon cœur d'amour pour mon Maître. Je me levais et je manquais de basculer, si vidé de mes forces que le moindre de mes pas semblait être le dernier. J'avais des vertiges, la tête me tournait.

Mais le pire, c'était cette douleur qui me perçait le cœur.
Cette dague d'argent, couverte d'un acide rongeant, plantée en moi, empoisonnait mon être d'une souffrance qui me coupait le souffle. J'avais plus froid que jamais, loin de son regard, loin de ses bras pour me réchauffer. Les larmes montèrent à mes yeux alors que je rejoignais péniblement le couloir, puis ma chambre. Allez, encore quelques pas. Ne t'écroule pas dans le couloir.

Pourtant, c'est ce que je fis. Je m'étais affalé par terre, à bout de force. La douleur me força à rester conscient et, dans des gestes lents et douloureux, je parvenais à m'hisser à 4 pattes. La station debout m'était tout simplement impossible à adopter.. Ma tête tournait avec trop de force... Rien qu'à 4 pattes, je manquais de m’effondrer alors que je me traînais jusqu'à ma chambre. J'étais humilié. Une fois de plus. Humilié alors que j'avais aimé.. que j'avais donné tout mon amour à mon Maître.. à Nar... si seulement.. il aurait pu embrasser mon front. Au moins cela...Au moins ce geste tendre à mon égard. Cette petite reconnaissance.. pour ma personne, pour mon existence. Cette petite reconnaissance qui m'aurait fait comprendre que je valais mieux qu'un vulgaire chien, que je valais mieux qu'un putain de sextoy ou de punching ball...Cette petite reconnaissance qui m'aurait fait voir.. qu'à ses yeux, j'étais différent des autres. Qu'à ses yeux, j'étais quelqu'un. Et non pas quelque chose à mépriser, comme tout le monde le faisait...

Les larmes coulaient malgré moi mais aucun son ne m'échappait. J'avais la gorge bien trop nouée.. Je grimpai sur mon lit, bien que je dus m'y prendre à plusieurs reprises, et je m'y écroulais sans un son. Sans avoir même la force ou l'envie de tirer la couverture sur mon corps dénudé, mon corps meurtri et marqué, marqué par cet Amour peut être à sens unique que je lui donnais.. Je regardais vaguement autour de moi, sans y trouver ne serait ce qu'un signe réconfortant. Je n'avais pas de tableau comme Nar. Je n'avais rien, rien sauf cette amulette qui brillait sur ma table de nuit. Cette amulette qui ne servait qu'à me rappeler toute la haine que Raven m'accordait.

J'aurais aimé qu'on m'aime.

J'aurais aimé quelqu'un qui me respecte, qui me donne son amour, sa tendresse, voit mes plaies et les guérisse d'une caresse. J'aurais aimé quelqu'un près de moi, pour me soutenir, me sourire quand j'en aurais besoin, pour me tenir la main quand je trébucherai, pour rire parfois de mes bêtises ou me gronder. J'aurais aimé quelqu'un pour dormir avec moi, quelqu'un qui resterait avec moi jusqu'à l'aube, quelqu'un dont j'aurais pu couvrir le visage de baisers le lendemain matin. Quelqu'un dont je pourrais boire le sang sans remords ni honte, quelqu'un avec qui j'aurais pu être moi, sincèrement moi, sans me poser de questions. Quelqu'un qui aurait été fier de moi et de la voie que j'aurais choisi. J'aurais aimé.. que ce fameux quelqu'un...
Pense à déposer ses lèvres sur mon front.

Car ce quelqu'un.. c'était Nar.

Illusion ? Rêve ? Espoir irréalisable ou réalité ? Je n'en avais que faire. Mon cœur avait choisi.
Ce quelqu'un avait été Nar, ce quelqu'un était Nar, ce quelqu'un est et sera toujours Nar.
Car je l'aimais.
Je l'aimais, je l'aime et je l'aimerai..Quoi qu'il le fasse.
Et il le savait. Il le savait...
Était ce pour cela qu'il se permettait tout ça à mon égard ? Surement. J'étais immortel en plus de ça. Il n'avait aucune chance de me perdre, il pouvait donc me faire subir tout ce dont il avait envie sans jamais avoir peur de me voir disparaître ! Ne me respecterait il donc jamais ?.. Ne m'aimerait il donc.. jamais.. ?.. J'aurais tant aimé être Mortel. J'aurais tant aimé être humain, être éphémère moi aussi. J'aurais tant aimé.. que Nar m'aime et me respecte.. Comme il avait pu le faire avec Elizabeth.
Mais cela n'arriverait jamais.. jamais malgré tout l'amour que je pourrais lui donner...
J'enfouis mon visage contre le matelas. Mes épaules tremblèrent, ma gorge me serra. Si fort que j'en eus mal. Si fort qu'un gémissement plaintif de bête blessée me déchira le cœur. Et les larmes se mirent à couler à flots. Les sanglots m'étranglèrent. Comme les tressautements d'un agonisant. Mon cœur ouvert en deux, déchiré, percé de part en part par la dague empoisonnée, déversait son lot de sang, ce sang de toutes les blessures que j'accumulais depuis des siècles, ce sang qui coulait et traçait le long de mes joues des traînées morbides.

Non, je n'étais pas éternel, non, je n'étais pas immortel.

Je me sentais mourir à ces instant. Tué. Vide. Sans plus de vie.
L'amour et le meurtre, après tout, sont la même chose. On prend la vie de l'autre. On lui fait ressentir ce que c'est la vie, puis on la lui vole, on l'en prive. On aide à vivre mais c'est pour mieux tuer ensuite. Nar était mon sauveur. Nar était celui pour qui je vivais.
Nar m'avait tué.
_ Nar... je t'aime..., murmurais je cependant. Atroce torture qu'est l'amour. L'amour est pire que le meurtre. L'amour, ça ne se finit jamais.. ça te pousse à vivre, à souffrir, à crever chaque jour davantage. L'amour, ça t'achève, ça t'use, ça te ressuscite pour que ton calvaire n'ait pas de fins. L'amour, ça mêle vie et mort, création et destruction. Un paradoxe chaotique.. Que seule une vie immortelle peut saisir par toute l'intensité de ce sentiment. Un mortel n'aura jamais affaire à une telle puissance de sentiments.. où son cœur ne s'en remettrait pas.
_ Je t'aime...
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Nar O'Shanahan
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MessageSujet: Re: Let's rock ! Ven 27 Avr - 16:13

    Et finalement, il ne me restait plus qu'à m'endormir rapidement avant que je ne cède. Je savais que j'étais du genre à toujours céder tout à Iccs, mais cette fois ci je ne cèderais pas, au contraire, j'irais jusqu'au bout de ma cruauté. Avec le retour de Raven, il me fallait assurer mon rôle et redevenir le seigneur craint de tous. Je ne pourrais pas me reposer sur mes lauriers, et surtout je ne voulais pas que Iccs retourne avec lui, je le savais fourbe. Alors il fallait que je le teste. Je l'entendais geindre son amour pour moi de sa chambre, je tendais l'oreille et le sourire me vint aux lèvres. Je soupirais profondément et m'enfonçais un peu plus dans le lit, les yeux clos, prêt à m'endormir. Le sommeil vint rapidement au final, je pensais que ce serait plus long que ça et en fait. Ce fut une nuit sans rêves, où alors je ne m'en souviens pas, c'est étrange. Moi qui rêve toujours pleinement et qui revit ma vie d'avant durant la nuit où mes yeux sont clos. Mais non... Pas cette fois. Je ne rêvais pas avant non plus... Il fallait que je me sépare de mes rêves, il fallait que je me sépare de mon humanité. Petit à petit la haine empli à nouveau mon corps et mes crocs s'allongèrent alors que mes yeux bleus redevinrent rouges. J'avais assez mangé mais j'étais énervé. Pourquoi Raven était-il mieux que moi ?!

    Et c'est comme ça qu'à l'aube je me levais pour me rendre dans un village voisin, me nourrir d'une famille de paysans. Il fallait que j'évacue, que j'entende hurler sous mes crocs, que je les tortures. J'avais laissé un mot à Iccs en lui disant que son seigneur avait faim et qu'il était partit se nourrir au loin. Tout simplement. Il devait remarquer mon changement de comportement avec l'arrivée de son frère jumeau dans l'établissement. J'étais beaucoup plus cruel qu'avant et sans raisons apparentes évidemment. Iccs devinait tout, il devait facilement faire les liens. Je ne l'avais pas embrassé sur le front, je ne l'avais pas rejoins au lit, je ne l'avais pas câliné, je n'avais pas séché ses larmes mais je les avais provoquées. Et pourtant... Si tu savais mon amour... Ce n'est que je le début. En étant vampire nous pouvons faire des tas de choses, comme enfouir au fond de soi tous sentiments et émotions, n'être qu'un masque fermé et assoiffé de sang qui s'amuse de la peur des autres et de la souffrance. Je grognais en mordant dans le cou de cette petite fille. Elle devait avoir onze ans même pas mais son sang était si délicieux. Un bébé pleurait à côté, je ne l'épargnerais pas. Les nourrissons sont tout aussi succulents.

    Oh oui Iccs, tu seras à moi pour l'éternité, mais ce sera une éternité de souffrance. Tu as réussit à changer le Nar que j'étais. Mais l'ancien Nar revient au galop, on ne change pas un vampire quel qu'il soit. Iccs ne se nourrira jamais convenablement, et moi je ne serais jamais un gentil petit agneau, je serais de nouveau le seigneur insensible. Et ce... Pour toujours maintenant.


Topic terminé (:

_______________________


Merci Allan ♥

Iccs Vergan a écrit:
Cette douceur destructrice, cette violence de velours... Qui n'aurait pas eu peur, de ce calme qui ne cachait qu'une rage prête à exploser ?


Merci Marouane:
 
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Let's rock !



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