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Whaaaaat a wonderful world

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MessageSujet: Whaaaaat a wonderful world Dim 25 Sep - 21:50

Un matelas recyclé à l'armée du salut.

Un tapis mangé aux mites.

Un placard de récupération.

Une table de chevet qui ressemble à une vieille caisse de fuit et légumes(peut-être parce que s'en était effectivement une).

"Bienvenue dans mon univers"
aurait dit Takeshi avec une pointe ironique, s'il avait possédé encore toutes ses facultés mentales. Au lieu de ça, Lazare se contentait chaque matin de se redresser sur son lit et de pousser un grognement qui ressemblait à un raclement de gorge cancéreux.

"...Kraaaaaarr..."


On avait installé sa chambre (niche ?) dans une pièce éloignée, entre deux paliers, à une volée de marche du véritable grenier, qui était interdit d'accès à à peu près tout l'univers.
Il ne dormait pas. Mais dans l’établissement, on n’appréciait que modérément de le voir déambuler toute la nuit dans les couloirs, même s'il ferait surement un très bon moyen de dissuasion contre tout les pervers qui tentaient de s'introduire dans les vestiaires des filles et les dortoirs. Aussi, lorsqu'on venait lui dire d'"aller dormir", Montait dans son grenier et s'allongeait sur le lit, les yeux ouverts, regardant le linge suspendu à la sous-pente jusqu'à ce qu'on vienne toquer à sa porte le lendemain.

Dans un coin du grenier, le matériel d'homme à tout faire du zombie à tout faire : un seau, une serpillère, un balai, une pelle. on avait bien essayé de lui faire faire des travaux plus compliqués, comme ranger les classes après les cours (une fois tout les élèves partis bien sur), de lui faire faire de la plomberie... mais après avoir perdu trois chaises et fait imploser deux wc, on le cantonna au lavage des sol. Et encore, il avait fallut lui trouver un manche à balai en acier trempé (une barre de renfort de béton armé soudé à une tête de balai en poil dur).

Il ne contrôlait plus sa force.
Il ne contrôlait plus grand chose depuis sont.. retour. Certes, il comprenait ce qu'on attendait de lui, mais au moment de s’exécuter, ses mains s’emmêlaient, devenaient des appendices inutiles, comme s'ils se trouvaient à des kilomètres de son tronc, et qu'il devait les naviguer avec des baguettes (quand à l'utilisation d'éventuelles baguettes, n'en parlons pas, on avait depuis longtemps décidé de lui apporter son plat sans couvert, le laissant utiliser une grosse cuillère qu'il portait toujours dans sa poche quand sa bouillie d'animaux frais était servie).

Lazare regarda ses mains, assit sur son lit inutile. Dans un recoin sombre de son esprit, il croyait se souvenir d'avoir fait des choses fabuleuses avec. C'était quelque chose de précieux, il le savait, ça lui titillait le crane, ça le...
Il se gratta la tête d'un index malhabile. Non, ce n'était que ça, sa plaie qui le démangeait, là où il s'était fracassé le crane, et où ses cheveux étaient devenu tout blanc.

*Toc toc toc*

Le gardien de nuit entra sans attendre de réponse.

"Au boulot coco, y a aucun cours au couloir du second étage avant 11 heures, faut en profiter pour aller le nettoyer. le Deuxième étage, tu comprends ?" dit l'homme en mettant ses deux mains à l'horizontale l'une au-dessus de l'autre, et en secouant la seconde.

Lazare acquiesça d'un grognement.

"Jusqu'à ONZE heure"
, et là, il referma la porte, et sur la grosse horloge pour enfant en plastique qui y était accroché, mit les aiguilles en position. Et pour faire bonne mesure, dressa ses deux index côte à côte.

"ONZE heures, ok bonhomme ?"

"...OONNNzeuuure..'Ké"


L'homme sourit, et sorti de sa poche un paquet de cigarette, qu'il ouvrit lui-même.
"Et voila pour toi..." mais il ne bougea pas, attendant que Lazare tende la main à plat comme on lui avait apprit. Il avait parfois encore des instincts de violence, aussi de nombreuses règles lui avait été inculqué.
l'homme lui déposa le paquet dans la main après en avoir laissé dépasser une du paquet; Il savait que Lazare aimait fumer au "réveil". ce qui était très curieux d'ailleurs. A l'exception de l'impact sur son crane, le zombie ne ressentait absolument rien, aucune douleur, aucun plaisir. Mais après avoir vu un des professeur fumer par la fenêtre, lors de la rentrée, quand on l'avait présenté au personnel, il avait été hypnotisé par la fumée, et on avait décidé de le payer en cigarettes.
une habitude venue de sa vie précédente, sans doute.
Lazare prit avec précaution le paquet dans sa main, attrapa au deuxième essai le bout de la cigarette et la retira. Il rangeant le paquet dans une de ses large poche, et sortit un gros briquet avec une roulette surdimensionné afin qu'il puise aisément l'allumer. ce qu'il fit.

"Allez bonhomme, au turbin"


LAzare prit une grande inspiration, grillant le premier tiers de sa cigarette en une bouffée, et tandis qu'il se redressait, et que du col de son tshirt s'échappait la fumée de cigarette, là ou une côte brisée avait percé son poumon et était ressortie juste à coté de son téton droit, il prit son balai, son seau, et suivit le gardien.
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